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Economie

L'endettement des ménages culmine à 30% du PIB

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4971 Le 01/03/2017 | Partager
Il tourne autour de 300 milliards de dirhams
Un niveau supérieur à celui des pays émergents
«Le risque de surendettement est réel», prévient le CMC
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Le patrimoine financier des ménages est composé à hauteur de 81,6% de dépôts bancaires. Le reste est partagé entre le placement en valeurs mobilières et l'assurance vie.
En 2015, ce patrimoine financier a augmenté de 7,1%, s'établissant à 700 milliards de dirhams dont 320 milliards de dépôts à vue et 108 milliards de dépôts à terme

«Un ménage sur trois est tenu de s'endetter ou de puiser  dans son épargne pour couvrir ses dépenses mensuelles de consommation». Pour le Centre marocain de conjoncture (CMC), l'endettement est entré dans les mœurs et s'impose sous la pression de la dégradation du pouvoir d'achat et du mode consumériste.  
Découvert bancaire, crédits saisonniers (ramadan, fête du mouton…), financement des acquisitions des biens durables et immobiliers… une palette de produits est mise à disposition.  Le CMC estime à 15% les clients qui utilisent le découvert bancaire mensuel même si les taux d'intérêt sont élevés et pourraient atteindre 14,3% en 2017.

La dette financière des ménages est principalement composée de prêts à l'habitat et de crédits à la consommation. Ces prêts ont augmenté de 5,1% en 2015  contre 4,8% une année auparavant, s'établissant à près de 300 milliards de dirhams. Ce qui représente près de 30% du PIB, soit un niveau supérieur à celui de nombreux pays émergents comme la Turquie et le Brésil.
Ainsi, l'endettement financier moyen par ménage a progressé à 40.700 dirhams en 2015 contre 38.600 une année auparavant. La part du logement représente 64% contre 36% pour le crédit à la consommation. Cela renvoie aussi à la cherté du prix de l'immobilier qui pèse lourdement sur  le budget des ménages. En dehors du social, ils acquièrent leur logement à un prix équivalent à 6 fois, voire plus leur revenu annuel, dépassant ainsi les niveaux observés dans les pays développés.

Cet endettement des ménages soulève plusieurs interrogation des experts du CMC: les ménages sont-ils surendettés? Peut-on faire abstraction du risque réel qui pourrait engendrer un défaut de maîtrise de l'endettement des ménages et, partant, conduire à la fragilisation des finances nationales. Cela d'autant que le modèle de croissance marocain connaît des fragilités puisqu'il est basé sur la demande intérieure tirée par le crédit et la dépense publique. Et il ne peut être soutenable à long terme.

Pour le CMC, le risque de surendettement des ménages est réel et peut avoir un impact considérable sur la stabilité financière. «Bank Al-Maghrib est d'avis que les indicateurs des crédits accordés aux particuliers témoignent d'une situation maîtrisée surtout que le recours aux prêts est majoritairement motivé par l'accès à la propriété», soulignent les experts du Centre marocain de conjoncture.

Marché intérieur: Petite dynamique en 2017

L'encours des crédits bancaires augmenterait de 4,3% en 2017. Cette hausse concernerait les crédits à l'équipement, le financement de trésorerie et les crédits à la consommation. Seul le marché de l'immobilier serait exclu de cette dynamique en raison de la stagnation du pouvoir d'achat puisque les salaires ne vont pas bouger.
En parallèle, la baisse de l'encours des crédits aux promoteurs va se poursuivre en 2017: -5% contre -3,5% en 2016. Pour le CMC, la «crise» du marché de l'immobilier qui dure depuis 2012 nécessitera une intervention des pouvoirs publics afin de le relancer en dehors des mécanismes du marché. Globalement, le marché intérieur sera sur une petite dynamique en raison principalement de la relance de la consommation des ménages et de la demande finale des entreprises.

 

 

 

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