Entreprises

Maroc-Côte d’Ivoire: Le business met le turbo

Par Safall FALL | Edition N°:4971 Le 01/03/2017 | Partager
Un allié économique de taille pour le projet d’intégration de la Cedeao
14 conventions et accords signés en marge de la tournée royale
L’impulsion économique entre Casablanca et Abidjan érigée en modèle
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Lancé il y a plus d’une année, le Groupement d’impulsion économique Maroc-Côte d’Ivoire donne ses premiers fruits (Ph. MAP)

1re destination d’investissement et 3e client du Maroc à l’export (2015), la tournée royale ne s’est pas trompée d’adresse en faisant escale à Abidjan. C’est là où tout se passe! Le pays est une locomotive économique de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, l’ensemble régional que le Maroc souhaite très vite intégrer. La demande a été officiellement formulée en tout cas. Fidèle à sa logique de pragmatisme économique -une intégration de la Cedeao lui permettrait de contourner les blocages d’exécution de l’accord commercial et d’investissement signé avec la zone Uemoa-, le Maroc a évidemment tout intérêt à développer ses relations de business avec la Côte d’Ivoire.

Le pays a frôlé les 10% de croissance en 2015, au lendemain d’une crise politique. De quoi faire rougir les économies les plus avancées au monde. Cette étape intervient aussi à quelques semaines des deux ans d’existence du Groupe d’impulsion économique (GIE) mis en place par les deux économies. Cette sorte de task force du business des deux pays est plus que jamais l’instrument opérationnel d’exécution de la vision de coopération partagée entre le Royaume et ce pays d’Afrique de l’Ouest. Pour l’heure, les résultats sont plutôt encourageants: lundi dernier, 27 février, 14 nouveaux deals privés et accords de partenariats institutionnels ont été établis entre les deux parties. Retour sur les retombées d’une escale pas comme les autres…
■ Banque/Finances
C’est le plus gros morceau. Acteurs financiers du Royaume sur le marché subsaharien, les banques marocaines se mobilisent. Le Groupe BMCE Bank of Africa, par exemple, souscrira aux titres publics émis par l’Etat de Côte d’Ivoire en 2017. Une convention de partenariat a  été signée dans ce sens. Elle vient s’ajouter à celle relative au financement des PME dirigées par les femmes, engageant le Groupe Banque Centrale Populaire (GBCP) et le ministre ivoirien du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des PME. L’objectif est de lancer un plan de financement afin de permettre aux commerçants, artisans et entrepreneurs de disposer de services financiers pour booster leurs activités. Les banques investissent aussi dans les infrastructures. Le GBCP s’est en effet engagé dans le programme de financement du réseau routier ivoirien, là où Attijariwafa bank s’occupera du programme immobilier «Hexagone», l’une des priorités de la loi ivoirienne de programmation militaire 2016-2020. Cette dernière développera aussi des solutions de financement de la construction de l’état-major des forces armées ivoiriennes et pour l’acquisition de logements. L’objectif est de promouvoir l’accès à la propriété pour les membres de l’armée. Le pays a récemment été secoué par une mutinerie militaire. Les soldats revendiquaient de meilleures conditions sociales.

■ Technologies de l’information
Les sociétés de technologie ont aussi eu leur part de deals, renforçant leur présence sur un marché qu’elles connaissent déjà très bien. La Société maghrébine de monétique (S2M) lance ainsi une joint-venture avec Inova pour la mise en place d’un centre de traitement informatique. L’entreprise ivoirienne s’associe aussi avec un autre grand acteur de l’IT marocain, Involys, dans la création d’une société commune.

■ Industrie
Dans ce secteur, c’est l’industrie pharmaceutique qui entre en jeu. Après une longue présence commerciale sur plusieurs marchés subsahariens, dont la Côte d’Ivoire, le laboratoire Pharma 5 lance son premier investissement industriel dans la région. Il porte sur la construction d’une usine pour la fabrication et la commercialisation de produits pharmaceutiques. Le site sera spécialisé dans la fabrication de produits génériques sous forme sèche, pour plusieurs classes thérapeutiques (hors dérivés de sang). Le projet avait déjà été annoncé en septembre dernier. La production -70 millions de comprimés et 5 millions de flacons/an- sera destinée au marché local et d’autres pays de la région. L’industriel marocain se fait accompagner sur ce projet par Attijariwafa bank. Coût du projet: 100 millions de DH.
■ Transport/Logistique
Là, c’est le partage d’expertise qui est en œuvre. La Société nationale des transports et de la logistique (SNTL), en partenariat avec la Fédération du transport de la CGEM et l’Union africaine du transport et de la logistique (UATL), s’investit dans un gros programme de  modernisation du parc de transport routier. Les segments voyageurs et TIR sont concernés. Le GIE Maroc-Côte d’Ivoire est aussi partie prenante de ce partenariat. Un accord de coopération dans le domaine de la logistique a aussi été finalisé entre l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) et l’Office ivoirien des chargeurs. L’objectif est de «définir des actions concrètes et opérationnelles dans les domaines de développement de zones et plateformes logistiques». Ce qui passe aussi par la modernisation des chaînes logistiques et le développement des compétences et de la formation dans les métiers logistiques». La CTM décroche également un partenariat dans les domaines des transports publics de voyageurs et de la sécurité routière. La compagnie apporte dans ses valises «son expertise pour la structuration d’une offre de transport public de voyageurs». Le volet formation et un projet d’élaboration d’un schéma directeur des gares routières, qui intègre le «space planning», sont aussi dans le package.

Le GIE se positionne sur des enjeux partagés

Au-delà du business, le GIE se positionne aussi en plateforme de partage d’expertise Sud-Sud. La Commission capital humain du groupement a aussi établi une convention-cadre sur le programme des compétences pour la compétitivité et l’employabilité. Ce partenariat vise notamment l’accompagnement de la Côte d’Ivoire dans la mise en place de mécanismes de production des répertoires emplois-métiers et des référentiels emplois-compétences. La Commission économie sociale et solidaire et de l’artisanat du GIE a aussi mis en place une convention pour le développement de l’économie sociale et solidaire et de l’artisanat. Les deux parties ont élaboré une stratégie qui s’articule autour de six domaines de collaboration. Il s’agit notamment de l’organisation d’un salon de l’économie sociale et solidaire, du partage d’expérience et d’expertise de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), la mise en place d’un programme «Infitah Africain» pour moderniser des TPE…

 

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