Entreprises

Entrepreneuriat féminin: L'Afem s'attaque au défi du numérique

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:4970 Le 28/02/2017 | Partager
Elle veut pousser les femmes entrepreneurs à repenser leurs modèles
La deuxième édition du Sewi se tiendra vendredi prochain à Rabat

«Plus de 45% de femmes ont adhéré au statut d’auto-entrepreneur», souligne Asmâa Morine Azzouzi, présidente de l’association des femmes chefs d’entreprises du Maroc (Afem). Un chiffre qui redonne espoir et fait tomber des stéréotypes longtemps considérés comme étant l’obstacle numéro un de l’inclusion de la femme dans l’économie marocaine.

Pour encourager davantage la gente féminine à se lancer dans l’entrepreneuriat, l’Afem tiendra le vendredi prochain à Rabat, la deuxième édition du Sewi (South Economic Women Initiative). La conférence organisée sous le haut patronage de SM le Roi, sous le thème «Entreprendre demain, les clés de la réussite». «Notre ambition est de fournir les clés de la réussite et de contribuer à la libération du potentiel des femmes», précise Asmâa Morine Azzouzi. L’événement, organisé en marge de la journée mondiale de la femme, traitera des thématiques diverses, telles que: «La dimension genre dans l’entrepreneuriat 2.0», ou encore, «Le potentiel de l’entrepreneuriat africain». Des axes de discussions qui permettront aux participantes de s’inspirer des modèles de réussite et d’explorer les pistes de collaboration.

«Par cette initiative, nous voulons pousser les femmes à réfléchir à la création des entreprises de demain», indique la présidente de l’Afem. En effet, face aux nouveaux usages du numérique, se réinventer et repenser son business model devient vital. Ce changement complet de paradigme s’accompagne de nombreuses autres spécificités, et accorde une place considérable à l’innovation.

A travers l’Afem, les femmes acquièrent les bonnes pratiques pour développer leur projet et bénéficient d’un réseau riche, ainsi que d’un plaidoyer auprès des autorités locales et de l’exécutif. Pour rappel, l’Afem a vu le jour en 2000. Elle fait de l’accompagnement de la femme entrepreneur son cheval de bataille. Pour cela, elle œuvre à lui offrir tous les avantages d’un réseau riche de plus de 600 membres à travers huit délégations régionales (Rabat, Marrakech, Meknès, Tanger...) et de nombreux services. Par ailleurs, l’association accompagne les jeunes femmes porteuses de projets, par le biais des incubateurs qu’elle détient.

Néanmoins, au regard de la participation féminine à l’économie (voir encadré) beaucoup reste à faire. Quelques initiatives ont été récemment prises pour donner un coup de pouce à la représentativité des dames dans les organes de gouvernance des entreprises, mais elles restent insuffisantes. Selon le FMI, une réduction des disparités en économie entre les sexes permettrait de gagner jusqu’à 25% du PIB.

Toujours en marge du marché du travail

La participation de la gente féminine à l’activité économique au Maroc fait partie des plus faibles au monde. Sur le marché du travail, elle continue d’être écartée. Le taux d’activité de femmes (celles en âge de travailler et qui cherchent un emploi) est, par exemple, de 23,6% seulement, contre 70,8% pour les hommes, selon le HCP. Un taux qui n’a cessé de baisser sur les quinze dernières années. Parmi les actifs occupés, à peine le quart sont des dames. En termes de chômage, elles sont toujours plus touchées, avec un taux de 10,9%, contre 8,9% pour les messieurs. Les jeunes femmes sont, par ailleurs plus nombreuses à être dans le désœuvrement total. 44% des filles âgées de 15 à 24 ans ne sont ni à l’école, ni en emploi, ni en formation, contre 11,7% pour les jeunes hommes.

 

 

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