International

Bruxelles s’inquiète des déséquilibres économiques

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4969 Le 27/02/2017 | Partager
La France doit poursuivre ses efforts budgétaires
L’Allemagne invitée à stimuler son économie
Le taux de chômage reste très élevé en Espagne

La Commission européenne vient de publier son analyse annuelle de la situation économique et sociale dans plusieurs pays. Des grandes économies de la zone euro présentent un déséquilibre économique. Si l’Allemagne et l’Espagne connaissent des «déséquilibres», la France et l’Italie ont des «déséquilibres excessifs».

■ La France: La compétitivité a commencé à s'améliorer et les parts de marché à l'exportation se sont stabilisées ces dernières années. La faible croissance de la productivité empêche cependant un rétablissement plus rapide de la compétitivité-coûts. La dette publique continue de croître, quoiqu'à un rythme plus faible, et les risques en termes de soutenabilité à moyen terme sont élevés. Certaines dispositions visent à améliorer le fonctionnement des marchés des produits et du travail ainsi que la compétitivité des PME. Il est essentiel toutefois d’adopter de nouvelles mesures pour accroître l'efficience des dépenses publiques et de la fiscalité. Objectif: réformer le salaire minimum et le système d'allocations de chômage. Il est question aussi d’améliorer le système d'éducation et l'environnement des entreprises. Autant de défis pour le prochain gouvernement.

■ L'Allemagne: L'excédent de la balance courante a continué d'augmenter en 2015 et en 2016 et devrait se maintenir à un niveau élevé. Remédier au problème de l'excédent a des implications sur les perspectives de rééquilibrage du reste de la zone euro.
Un plus grand dynamisme de la demande intérieure en Allemagne permet de contrer la faiblesse de l'inflation et de faciliter le désendettement dans les Etats membres fortement endettés. L'investissement public a augmenté au cours des dernières années. Mais en proportion du PIB, il apparaît encore faible par rapport à celui de la zone euro. Malgré la faiblesse des taux d'intérêt (qui est synonyme de conditions de financement favorables), l'investissement des entreprises reste anémique rapporté au PIB. Des mécanismes ont été mis en place pour renforcer les dépenses publiques et améliorer le modèle des relations budgétaires fédérales. D’autres devraient être prises en vue de consolider l'investissement, notamment une réforme du secteur des services et une amélioration de l'efficience du système fiscal…

■ L'Espagne: Le rééquilibrage extérieur progresse grâce aux excédents de la balance courante enregistrés depuis 2013. Les engagements extérieurs nets restent toutefois très élevés et il faudra du temps pour qu'ils atteignent des niveaux prudents.
Profitant de conditions de croissance favorables, la réduction de la dette du secteur privé progresse également, tandis qu'un secteur financier plus sain soutient l'activité économique. Le désendettement demeure toutefois nécessaire, en particulier pour les ménages. En dépit d'une reprise économique assez solide, la dette publique en pourcentage du PIB ne devrait pas emprunter une trajectoire descendante. Même s’il a sensiblement baissé ces trois dernières années, le taux de chômage est très élevé. Des mesures ont été prises pour renforcer la compétitivité. De nouvelles dispositions des pouvoirs publics contribueraient à maintenir l'excédent extérieur, à garantir une réduction durable du déficit public et à favoriser une croissance durable.

L'Italie critiquée pour sa dette publique

Le ratio de la dette publique italienne devrait se stabiliser mais n'a pas encore commencé à baisser. Représentant environ 133% du PIB, elle est la plus élevée de la zone euro après celle de la Grèce. La compétitivité reste faible du fait de l'atonie persistante de la productivité, ainsi que de la lenteur de la reprise de l'investissement. Le volume de prêts improductifs commence seulement à se stabiliser et continue de peser sur les bénéfices et les politiques de crédit des banques. Les besoins de capitalisation pourraient se faire ressentir et l'accès aux marchés des fonds propres demeure difficile.
La proportion d'actifs et l'emploi augmentent, en revanche le chômage, surtout  de longue durée, reste élevé. Après les réformes positives de la procédure budgétaire, du marché du travail, du secteur bancaire, des procédures d'insolvabilité, du système judiciaire et de l'administration publique, le rythme des réformes s'est ralenti depuis la mi-2016. D’importantes lacunes subsistent, en particulier en ce qui concerne la concurrence, la fiscalité, la lutte contre la corruption et la réforme du cadre des négociations collectives.

 

 

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