Economie

Pourquoi le Maroc veut intégrer la Cedeao

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4969 Le 27/02/2017 | Partager
Présent sur le plan économique, le Royaume veut être un acteur de l’intégration régionale
Rabat tire la leçon du fiasco de l’UMA
La demande intervient un mois après le retour à l’Union africaine

Le Maroc poursuit ses avancées sur l’eldorado africain. Il vient de formuler officiellement une demande d’intégration à la Communauté économique des états d’Afrique de l’ouest (Cedeao). Une démarche qui intervient un mois après le retour du Maroc au sein de l’Union africaine. La demande émane du Roi Mohammed VI directement.

Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia et présidente en exercice de la Cedeao, a été informée de la volonté de Rabat d’adhérer à cet ensemble régional en tant que membre à part entière. Actuellement, le Maroc y a un statut d’observateur. Pourquoi cet intérêt? La Cedeao regroupe une population de plus de 320 millions d’habitants qui représentent autant de consommateurs. C’est un marché extrêmement prometteur, pour un PIB total supérieur à 700 milliards de dollars. Elle a déjà instauré la libre circulation et ambitionne de mettre en place une monnaie unique à l’horizon 2020.

Pour le Maroc dont les entreprises sont très impliquées dans les économies de la région, il s’agit d’une volonté d’être aussi un acteur dans le processus d’intégration de ces pays. Et d’assumer encore plus ses responsabilités politiques dont celles du maintien de la paix. Rabat tire également la leçon de l’échec cuisant de la construction maghrébine. «La demande du Maroc se fait en conformité avec les dispositions du traité fondateur de la Cedeao, et en satisfaction totale de ses critères d’adhésion», indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération. Elle vient couronner les liens politiques et économiques qui existent déjà avec plusieurs Etats membres (Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Liberia, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone et Togo).

Le Maroc offre plusieurs avantages dont les principaux accords de libre échange conclus avec l’UE, les Etats-Unis, la Turquie et l’accord d’Agadir. En plus d’une expertise au niveau de l’agriculture (plan Maroc vert, engrais et phosphates…), de la logistique et d’infrastructures (avec l’atout Tanger Med).
Justement pour donner un nouveau souffle aux échanges commerciaux, une équipe chargée de l’élaboration d’un programme de rencontres entre le Maroc et la Cedeao sera mise en place, a annoncé le président de la Commission de cette Communauté économique, Marcel Alain De Souza, en marge du forum «Arab Africa Trade Bridges», organisé les 22 et 23 février à Rabat.

Ces rencontres porteront sur plusieurs domaines, notamment les infrastructures, les routes, le secteur maritime, l’aérien, ainsi que l’agriculture. Le responsable a invité le Maroc à appuyer la prise de participation au capital de la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (BIDC). «Nous sommes déjà en contact avec la BMCE Bank of Africa pour qu’elle prenne une partie du capital de la BIDC. Ce qui permettra d’avoir une ligne de crédit pour l’import-export et favoriser les échanges commerciaux», a-t-il noté.

Dans la missive transmise à la présidence, Rabat met en avant les 23 visites royales dans 11 pays de la région. Plusieurs centaines d’accords conclus au cours de ces visites royales, ont donné une impulsion forte à la coopération bilatérale avec les 15 pays membres de l’Organisation.
Sur le plan politique, le Royaume est déjà très actif dans la région. Rabat est impliquée dans des opérations dans la région (notamment en Côte d’Ivoire) et aux efforts de médiation pour la résolution des conflits (médiation dans la crise des pays du Fleuve Mano, contribution à la résolution de la crise institutionnelle grave en Guinée en 2009-2010 et la stabilisation de Guinée Bissau…).

Le Maroc a, de même, entrepris des actions de solidarité avec les pays de la région, notamment durant la période de la pandémie d’Ebola, et face aux catastrophes naturelles que certains pays ont connues. Il a, en outre, initié avec les pays de la Cedeao des projets structurants, comme le Gazoduc Maroc-Nigeria à travers les pays de la région et vise à promouvoir l’Espace Nord-Ouest Africain en tant que zone de stabilité et développement.

Des affaires en Côte d’Ivoire

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Le Roi Mohammed VI continue sa tournée sur le continent. Après le Ghana, la Zambie et la Guinée Conakry, le Souverain est actuellement en visite d’Etat en Côte d’Ivoire. Ce pays a été parmi ceux qui ont soutenu activement la demande du Maroc de réintégrer l’Union africaine. Il est question aussi de renforcer les relations économiques entre le Maroc et la Côte d’Ivoire. En chiffres, les exportations marocaines ont atteint 1,9 milliard DH en 2015 contre 112 millions DH à l’importation ce qui a pu générer un excédent commercial de l’ordre de 1,8 milliard DH. En 2015, le Maroc était le 1er investisseur en Côte d’ivoire. Le Groupe d’impulsion économique (GIE) maroco-ivoirien a tenu, vendredi dernier à Abidjan, une réunion consacrée à l’examen du bilan d’étape des différentes commissions composant cette structure (agro-business et pêche, immobilier,  tourisme, banques-finances-assurances, infrastructures, industrie, énergie…).

 

 

 

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