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Economie

Sucre: La filière performe

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4967 Le 23/02/2017 | Partager
Elle devrait atteindre les objectifs de 2020 avant l’heure
Porter les rendements à plus de 14 tonnes de sucre à l’hectare, les nouveaux défis
Les opérateurs rêvent aussi d’une intégration africaine

Sixième plus gros marché en Afrique, le développement de la filière sucrière dans le Royaume a des atouts pour se placer comme leader sur le continent. Un objectif appuyé par le choix de l’Organisation internationale du sucre (OIS) qui poursuit à Marrakech sa 2e édition de sa conférence internationale en partenariat avec l’Association professionnelle sucrière (APS). Le sucre occupe une place stratégique dans l’agriculture marocaine positionnant le secteur agro-industriel comme l’un des plus importants du pays. Ils sont en effet 80.000 agriculteurs de betterave à sucre et de canne à sucre à en tirer un revenu pour un total de 80.000 ha de plantes sucrières.

Cette 2e édition se tient à un moment où la production bat ses propres records. En effet, le bon cru de la campagne 2016 a permis de sécuriser la moitié des besoins de consommation. En plus de cette hausse de la productivité, l’on constate une hausse du rendement du sucre à l’hectare (12 tonnes/h). «La filière a dépassé les attentes et les objectifs 2020 du contrat-programme, signé dans le cadre du plan Maroc Vert avec l’objectif et qui était de couvrir 56% des besoins nationaux en 2020», se réjouit Mohamed Sadiki, secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime. C’est grâce à la modernisation de l’amont agricole et des outils industriels que ces résultats ont été atteints, explique Mohamed Fikrat, président de l’Association professionnelle sucrière et PDG de Cosumar.

Pas moins de 7,5 milliards de DH ont été investis pour la modernisation des raffineries et sucreries avec l’adoption de technologies «propres», la conversion des installations industrielles pour de nouveaux combustibles. Des programmes d’extension de la capacité, d’optimisation et d’amélioration des performances ont permis d’atteindre une capacité industrielle de 1,65 million de tonnes de sucre blanc par an, assurant une disponibilité dépassant les besoins du marché (1,2 million de tonnes de sucre par an) avec une qualité répondant aux standards les plus exigeants. Ces capacités excédentaires de production permettent de pouvoir pallier les aléas de la production nationale de betterave et de canne à sucre et d’assurer un approvisionnement régulier du marché national. Reste des défis à relever, tant au niveau national que régional. Localement, l’objectif est d’augmenter les rendements pour atteindre plus de 14 tonnes de sucre à l’hectare à l’horizon 2020 et assurer 56% des besoins du pays. Le programme de relance de la canne à sucre initié en 2015 vise justement à redynamiser et améliorer la culture dans le Gharb et Loukkos avec la plantation de 5.000 h par an pour un objectif de 19.000 h à l’horizon 2019.

L’autre défi est continental. Ce n’est donc pas pour rien que la conférence de Marrakech se tient sous le thème de l’intégration de la filière en Afrique. Portée par la croissance démographique, surtout en zone urbaine, haut-lieu de consommation, la demande de sucre est en hausse et le déficit en production sucrière dans le continent s’accentue. Il est estimé aujourd’hui à plus de 8 millions de tonnes par an. Pour la seule Afrique de l’Ouest, les besoins du marché sont de 2,8 millions de tonnes par an, quand la production dépasse à peine les 400.000 tonnes.

Le niveau d’autosuffisance n’a cessé de se détériorer et aujourd’hui la production sucrière africaine représente 10,3 millions de tonnes -6% de la production mondiale- alors que les besoins en sucre du continent s’élèvent à 18 millions de tonnes. Pour Fikrat, l’Afrique est pleinement capable de relever les défis de gains de productivité nécessaires et de développement durable. «À condition d’avoir des leviers comme l’agrégation, l’organisation interprofessionnelle, le renforcement de R&D… qui peuvent contribuer à doter le secteur sucrier africain de filières sucrières intégrées». C’est cette stratégie qui a permis au Maroc de développer sa filière. Aujourd’hui, son acteur principal qu’est la Cosumar a pu renforcer son activité export en utilisant sa capacité de production de sucre blanc excédentaire. Soutenu en cela par son actionnaire de référence Wilmar.

Engagement pour le climat

Les participants à la 2e conférence internationale de sucre qui poursuit ses travaux à Marrakech devraient voter pour la création d’un réseau international sur les changements climatiques sur proposition du Maroc. L’idée est de constituer un réseau de concertation et de partage pour échanger autour des stratégies mises en œuvre pour la lutte contre les effets des changements climatiques et accélérer le développement de technologies à bas carbone. Parmi les missions de ce réseau, la mise en exergue et la consolidation de l’initiative triple A qui vise à réduire la vulnérabilité de l’Afrique et de son agriculture aux changements climatiques.

 

 

 

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