Culture

Un cinéma baptisé «Leila Alaoui» à Marrakech

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4963 Le 17/02/2017 | Partager
L’IFM rend hommage à la photographe disparue
Ses amis et sa famille réunis pour l’inauguration
leila_alaoui_cinema_063.jpg

Christine Alaoui, aux côtés de Christophe Pomez, directeur de l’IFM, et du réalisateur Rachid Djaïdani, a inauguré le cinéma de l’Institut français de Marrakech, qui porte aujourd’hui le nom de sa fille disparue, Leila Alaoui (Ph. Mokhtari)

En ce jour dédié à l’amour, l’Institut français de Marrakech (IFM) inaugure son «Cinéma Leila Alaoui». Jusque-là, la salle obscure ne portait pas de nom. «Cette merveilleuse idée, nous la devons à Christophe Pomez, le directeur de l’IFM. Il n’est là que depuis 6 mois, pourtant nous pourrions penser que cela fait des années tant il enchaîne les initiatives», explique le consul général de France à Marrakech, Eric Gérard. En effet, cette nouvelle année 2017 a vu naître de nouvelles offres, un nouveau style, un nouveau site web, et de nouvelles programmations.

Ils sont nombreux à être venus pour cet hommage à la photographe disparue à Ouagadougou le 18 janvier 2016. Sa famille bien sûr et ses amis comme le réalisateur Rachid Djaïdani, dont le dernier film «Tour de France», sélectionné à Cannes l’année dernière pour la Quinzaine des réalisateurs, est projeté ce soir-là à Marrakech. Mais aussi Serge Toubiana, journaliste, critique de cinéma et ancien directeur de la cinémathèque française. Beaucoup d’émotion quand Christine Alaoui, présidente de la fondation Leila Alaoui, parle de sa fille. «Leila vivait son art comme un véhicule d’émotions collectives.

Elle, qui très jeune se sentait si privilégiée par la vie, a été emportée par tout ce qu’elle combattait: la haine et le repli». Alors pour Pomez, à la tête de l’institut, «ce lieu se veut un havre de paix, d’ouverture et d’intelligence, où l’on s’enrichit de nos différences et où s’éveillent des talents». Un lieu vivant dédié au cinéma d’art et d’essai, au cinéma du monde pour tout éduquer et célébrer toutes les identités culturelles. Comme Leila Alaoui le faisait dans son travail en révélant avec dignité les destins de ceux qui souffrent. Les périlleuses étapes traversées par les migrants, les réalités quotidiennes de Syriens déplacés au Liban et toutes les populations abandonnées étaient ses combats par l’image.

Enfin, au programme de cette soirée d’inauguration, était également projeté le film réalisé par Mia Hansen-Løve, Ours d’argent du meilleur réalisateur à la Berlinale 2016, avec Isabelle Huppert, «L’Avenir». Un nom lourd de sens et une manière de dire que la vie continue. Envers et contre tout.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc