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Culture

Les musiques sacrées de Fès célèbrent la Chine

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4963 Le 17/02/2017 | Partager
«L’eau et le sacré» s’invitent à la 23e édition, du 12 au 20 mai
Vicente Amigo, Majda Roumi, Opéra de Pékin… au menu
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Après l’hommage à l’Inde initié en 2016, la 23e édition des musiques sacrées de Fès mettra à l’honneur la Chine qui présentera ses grandes expressions millénaires. L’objectif est de participer à la transmission à travers le temps (Ph. YSA)

Et de 23 pour le Festival de Fès des musiques sacrées du monde. Le doyen des festivals d’élite du Maroc sera organisé du 12 au 20 mai. Initiée sous la thématique «l’eau et le sacré», cette nouvelle édition «sera l’occasion pour explorer le symbolisme de l’eau et exhorter le monde à se réconcilier avec l’environnement et se mobiliser pour l’avenir des générations futures et de la planète», promet Abderrafih Zouitene, président de la Fondation Esprit de Fès. Selon lui, «tout sauf anodin, le choix de la thématique répond à la nécessité de sensibiliser le plus grand nombre aux problématiques écologiques qui travaillent la planète et dont dépend le sort même de l’humanité».

Explorer le symbolisme de l’eau au fil du festival est ainsi une exhortation à nous réconcilier avec l’environnement et nous mobiliser pour l’avenir de nos enfants et du monde. L’eau, symbole de purification dans le sacré universel et dans la poésie mystique, est en soi une invitation au respect de notre terre nourricière. «Et puis il faut nous remémorer l’histoire même de Fès, première capitale du Maroc», renchérit le président du festival.

Pour rappel, l’emplacement de la cité avait été choisi par Moulay Idriss et son compagnon Ameir pour l’abondance de ses sources. Édifiée par les Maalems bâtisseurs, la médina abrite un système hydraulique fascinant de savoir-faire et d’ingéniosité dont le résident ou le voyageur peuvent observer la face la plus apparente. Traduire ce passé glorieux en musique est la mission assignée aux organisateurs de cette nouvelle édition. Ainsi, le festival s’ouvrira par une création intitulée «De la source à l’océan», en s’inspirant du verset 30 de la Sourate 21 du saint Coran («Nous avons fait de l’eau toute chose vivante»).

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«Le 12 mai, une magnifique création marquera l’ouverture du 23e festival des musiques sacrées. Elle consistera en un voyage poétique qui, partant des fontaines de Fès, ces chefs-d’œuvre d’où jaillit l’eau, nous guidera vers la source au cœur des montagnes et nous fera cheminer jusqu’à l’océan, évoquant au passage de multiples légendes», raconte Abderrafih Zouitene, président du festival (Ph. YSA)

Ce spectacle portera un regard à la fois écologique et spirituel sur l’eau comme source de vie. Il résumera des milliers de contes et légendes qui relatent l’eau, abris des fées, des nymphes, lieu de pouvoirs magiques reliés aux forces de la nature, bénéfiques ou maléfiques. Ainsi, au Maghreb, la fameuse Aïcha Kandisha, fée ogresse protectrice des amoureux, hanterait les rivières, prête à piéger de sa beauté nocturne le vagabond solitaire ou le berger égaré. «À Fès, elle se dissimulerait dans les eaux de l’Oued El Jawahir (la Rivière de Perles) –celui qui coule aux abords de la médina, sous le pont de la Place de la Noriah, juste derrière Bab Makina», explique Alain Weber, metteur en scène du spectacle et également directeur artistique du festival.

Au commencement de cette nouvelle création sera donc une fontaine, capable de nous faire parcourir les océans, les rivières jusqu’aux ruisseaux des montagnes. La mise en scène de Spirit on the Water, titre évoquant une chanson de Bob Dylan, se veut contemporaine, plus abstraite, plus organique! La musique aussi. On y retrouvera le mapping, animation visuelle projetée sur les murailles de la place Moulay El Hassan. Un décor qui conviera les festivaliers à un voyage à travers le temps remontant jusqu’à l’origine d’une humanité menacée aujourd’hui. «Voix d’ailleurs, sifflements, chants de la nature et du monde animal, créeront une nouvelle symphonie dédiée à la vie», décrit Weber.

Les spectacles seront ainsi animés entre autres par la symphonie flamenca Poeta du grand guitariste Vicente Amigo, l’opéra de Pékin, et la diva libanaise Majda Roumi, ou encore des artistes des îles du Japon, de la Sardaigne ou de la Crète. «La médina de Fès deviendra neuf jours durant, le cœur battant et le creuset d’expressions artistiques, de réflexions philosophiques, d’échanges précieux susceptibles de nourrir une communauté d’esprit établie sur la reconnaissance de la différence comme richesse», conclut Zouitene.

Une collaboration fructueuse

EN collaboration avec l’Institut français de Fès et à l’attention particulière des enfants des écoles, sera mis en scène un café de Haute-Egypte avec musique Saïdi, danse, magie et la projection d’un film ayant pour protagonistes les enfants musiciens du Nil. S’agissant du forum de Fès, il sera dirigé cette année par Driss Khrouz, l’ancien directeur de la bibliothèque nationale de Rabat.
Le rendez-vous culturel réunira d’éminents experts autour de la question de «l’eau sacrée». C’est d’ailleurs là où réside la véritable force du festival de Fès: participer à la transmission à travers le temps. «En un mot «savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va», car une société privée de la connaissance de son passé voit ses fondements sapés», exprime le patron du festival.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

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