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Economie

Produits de pêche: Les industriels rêvent d’un crédit maritime

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:4961 Le 15/02/2017 | Partager
Ce financement servirait à redynamiser l’écosystème du secteur
Il s’agit aussi d’encourager la monte locale et de reconstituer la flotte nationale
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Hassan Sentissi, président de la Fenip: «Le fait que les exportations marocaines soient totalement dépendantes des compagnies étrangères les expose à un gros risque en cas de grave crise géopolitique internationale» (Ph. L’Economiste)

L’un des challenges de l’industrie de transformation des produits de pêche est de réussir la montée en gamme en intégrant plus de produits à forte valeur ajoutée, concède Hassan Sentissi, président de la Fédération nationale des industries de transformation et de valorisation des produits de la pêche (Fenip). Alors que les industriels européens et asiatiques peuvent sortir jusqu’à 40 déclinaisons différentes de la sardine importée du Maroc, leurs homologues marocains ne dépassent guère cinq à six au maximum. Ce problème est moins lié au gap technologique qu’à l’état d’esprit général des opérateurs, explique le président de la Fenip.

La montée en régime du plan Halieutis dans lequel les industriels placent beaucoup d’attente pourrait contribuer à la modernisation du secteur (Voir aussi L’Economiste N°4960 du 14 février 2017). Pour cela, il va falloir maintenir la cadence de l’investissement. Or, pour des raisons historiques et des préjugés négatifs collés au secteur, notre industrie n’a pas toujours été le bienvenu au guichet des banques, admet Hassan Sentissi. Mais la situation a largement évolué depuis quelque temps. Les banques ont sorti le secteur de la liste noire car il est aujourd’hui l’un des plus solvables. Pour autant, le problème du financement n’est pas entièrement réglé.

La Fenip, qui regroupe plusieurs associations métiers en son sein, propose aux pouvoirs l’institution d’une formule à la carte: le crédit maritime ciblerait les activités liées à la pêche et les industries de transformation, aquaculture comprise. Au regard des industriels, il s’agit de dynamiser tout l’écosystème et se donner les moyens de bâtir une industrie de construction de bateaux de pêche au Maroc et de l’équipement et des accessoires: radars, sondeurs, radios VHS, pompes, groupes électrogènes, filets, hameçons, etc.

Pour les industriels, le crédit maritime est aussi un outil de sécurité car il contribuerait à la reconstitution du pavillon national dont la flotte a aujourd’hui complètement disparu. Le fait que les exportations marocaines soient totalement dépendantes des compagnies étrangères les expose à un gros risque en cas de grave crise géopolitique internationale, relève le président de la Fenip. Mais il faudra plus que de la volonté politique pour aménager un crédit à la carte que demande le secteur. Car, sauf à leur assurer des garanties en béton, il faudra convaincre les banques à débloquer l’équivalent d’un milliard de dollars (estimation de la profession) pour financer l’acquisition des navires après avoir laissé des plumes ces dernières années chez plusieurs armateurs. Les industriels ne désespèrent pas pour autant, ils mettent en avant les projections des effets d’entraînement qu’une industrie locale d’équipements et de matériel destiné à la pêche auraient sur l’économie. Pêle-mêle ils citent la création à terme de 500.000 emplois directs et indirects, 50 milliards de dirhams de recettes d’exportation (soit 2,5 fois le chiffre actuel) et plus de rayonnement sur le marché régional sur le continent africain.

Les relations avec les armateurs de pêche se sont quelque peu apaisées ces dernières années malgré des tensions périodiques. L’affrontement porte souvent sur la révision du prix d’achat de la matière première (petit pélagique). Celui-ci est fixé entre les deux parties au terme de longues tractations sans que le Conseil de la concurrence ou ce qu’il en reste, ne trouve rien à redire. A la Fenip on justifie la méthode: «Les entrants sont les mêmes, l’équipement aussi».

L’industrie de transformation de la pêche est une des locomotives des exportations agroalimentaires. Très loin de la concentration traditionnelle sur l’Europe, ce secteur écoule sa production dans 126 destinations pour un chiffre d’affaires de 20 milliards de dirhams (source: Office des changes). Cela équivaut à 8% des exportations totales. La production de la farine et de l’huile de sardine destinée à l’export et pour une petite part, à la filière locale d’élevage des volailles, sont les deux principaux débouchés.  Le secteur compte une trentaine d’unités de farine de poisson, une quarantaine de conserves, une cinquantaine de produits congelés et dix  unités d’usines de plats cuisinés.

Messages portés au Salon Halieutis

La préservation de la ressource (de par la migration de l’espèce, le pélagique, principal intrant de l’industrie de transformation, ne rentre pas dans le périmètre des repos biologiques réglementaires) en luttant contre la surpêche et en veillant au strict respect des zones de pêche. Les industriels insistent aussi sur le respect des normes dans le secteur.

 

 

 

 

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