Competences & rh

Doctorat: Les Conventions industrielles enfin activées

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4960 Le 14/02/2017 | Partager
Cofinancées par la France et le Maroc, les «Cifre» visent à inciter les étudiants à s’investir dans la recherche
Ils peuvent décrocher au minimum 24.600 euros par an
La priorité sera donnée aux lauréats des écoles d’ingénieurs
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En France, le tiers des doctorants monte seul sa Cifre en cherchant des laboratoires et une entreprise d’accueil. Près du quart des bénéficiaires sont étrangers, et environ 8% sont originaires du Maghreb. Les thématiques de recherche sont variées. L’électronique, la communication & informatique et les services et R&D sont les secteurs qui enregistrent le plus de Cifre

Annoncé il y a près d’un an et demi par l’ancien ministre Lahcen Daoudi, le programme de doctorat Cifre (Convention industrielle de formation par la recherche) franco-marocain est enfin activé. Le dispositif public-privé, destiné à encourager les étudiants à se lancer dans la recherche, est disponible depuis environ quatre mois. Il a été présenté, mardi dernier, à la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM), par les représentants de l’organisme qui le gère en France, l’Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT).

Le programme est dédié aux jeunes Marocains titulaires d’un master et souhaitant préparer un doctorat dans un cadre «biculturel». «Il est ouvert à tous les lauréats, mais la priorité sera donnée à ceux des écoles d’ingénieurs», précise Salwa Bennani, responsable de la coopération au Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST). Le Centre entend ainsi inciter les ingénieurs fraîchement diplômés à envisager une carrière académique, en vue de combler le déficit cruel en ingénieurs docteurs. Aujourd’hui, la quasi-totalité choisit le salariat ou décide de monter son propre business.

Pour profiter d’une Cifre, les étudiants porteurs d’un projet de recherche doivent se faire encadrer par deux laboratoires académiques, un marocain et un français. Ils doivent, également, trouver une entreprise industrielle installée en France, intéressée par la thématique à étudier, afin d’être embauchés par contrat pour une durée de trois ans. Durant cette période, les doctorants pourront profiter d’une bourse annuelle de 7.000 euros, accordée par le CNRST. L’entreprise française, pour sa part, est censée leur offrir un salaire brut annuel minimum de 17.600 euros. Soit un total de 24.600 euros par an. «Les entreprises peuvent aller au-delà du salaire minimum.

La rémunération moyenne des doctorants Cifre est actuellement de 29.000 euros par an», précise Clarisse Angelier, déléguée générale de l’ANRT. Le processus n’est pas toujours évident, surtout pour trouver des entreprises. Néanmoins, les sociétés françaises, y compris les PME, sont plutôt ouvertes à la recherche. D’autant plus qu’elles bénéficient d’un Crédit impôt recherche (CIR) d’au moins 10.595 euros. Publier des recherches est, par ailleurs, considéré comme un avantage compétitif.
«Les étudiants participeront à l’industrie, mais à travers une formation doctorale. Pour en profiter, le candidat doit être marocain. L’entreprise, elle, doit exercer en France. Il faut, en outre, que le thème choisi réponde à une problématique de recherche & innovation, et qu’il y ait un intérêt commun entre les deux laboratoires, marocain et français, liés par un accord», explique Pascal Giat, responsable Cifre à l’ANRT.

A la fin des trois ans, les doctorants doivent retourner au Maroc pour y rester au moins 18 mois. Car la finalité est de préparer des compétences de haut niveau, d’abord au service de la recherche marocaine. Dix bénéficiaires sont ciblés pour cette année.
Le programme Cifre a été lancé en France en 1981 (plus de 27.000 bénéficiaires). Il s’agit de la deuxième expérience d’exportation du programme français, après celle du Brésil, qui a fini par être abandonnée, faute de budget du gouvernement brésilien. Au Maroc, l’on se donne jusqu’à deux ans pour en évaluer le bilan.

 

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