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Economie

Environnement: Le 1,5 °C de réchauffement, c’est pas gagné!

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4960 Le 14/02/2017 | Partager
Petit bilan sur la présidence marocaine de la COP22
Abdelâdim Lhafi parle aux étudiants de l’UPM à Marrakech
Une ronde d’acquis et de défis
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Le commissaire général de la COP22, Abdelâdim Lhafi, était l’invité de l’Université privée de Marrakech (UPM) pour faire le point, face aux étudiants, sur l’après-conférence climatique et sur la présidence marocaine (Ph. Mokhtari)

Si l’on poursuit le même scénario, le réchauffement planétaire sera de 3 °C. Alors que nous visons les 2°, voire 1,5° pour les plus optimistes. Nous en sommes donc encore loin. Aux eaux et forêts depuis 2003, commissaire général de la COP22, président de l’observatoire du Sahara et du Sahel, Abdelâdim Lhafi est bien placé pour parler environnement. Il était l’invité de l’Université privée de Marrakech (UPM) pour faire le point, face aux étudiants, sur l’après-conférence climatique et sur la présidence marocaine.

Pendant 1 an, le pays devra à la fois peser en tant qu’Etat engagé sur les questions du climat, et rester neutre pour travailler au rapprochement des positions et aboutir à des décisions consensuels. Face aux intérêts divergents, la tâche est complexe. Le Maroc a en effet un rôle central pour la facilitation du dialogue. Si la bonne organisation de la COP22 n’est plus à démontrer, il s’agit maintenant de décliner sur le plan opérationnel les accords de Paris et travailler sur des livrables concrets pour la 23e conférence prévue à Bonn en Allemagne. Ou comme le résume Lhafi «créer de la richesse sans perturber les équilibres environnementaux, tout en prenant en compte l’aspect social». Pour autant, aucun projet d’investissement n’est neutre par rapport à l’environnement. Le tout est de minimiser les impacts au maximum. «C’est une question d’arbitrage pour le commissaire général. Comme c’est le cas pour les énergies hydrauliques, un barrage devant répondre aux besoins de l’eau potable, de l’agriculture et de la création d’énergie. Mais il existe des modèles qui permettent de concilier ces arbitrages de façon intelligente».

Côté finances, les projets d’adaptation nécessaires sur le continent pourraient souffrir d’un retour sur investissements, ce qui n’attire pas forcément les investisseurs privés. «Il faut donc trouver des financements innovants, une sorte de combinaison entre privé, public et mécénat» rajoute-il. Autre défi à relever, détenir les capacités humaines pour construire ces projets, une économie pauvre en carbone demandant des compétences nouvelles et particulières. Sur ce volet, le Maroc a agi bien avant la COP22 par le biais du réseau de formation des capacités aux changements climatiques, lié à celui de l’Europe, d’Asie ou d’Amérique latine. Quant à la société civile, elle s’est imposée dans une sorte de co-responsabilité. Fini les débats entre les seuls pouvoirs publics. «Cet ancrage va d’ailleurs prendre de plus en plus d’importance avec la régionalisation avancée, les pouvoirs dévolus aux collectivités administratives. Mais avant de décentraliser, il faut avoir une très bonne déconcentration.

Une fois les règles établies sur le plan légal et réglementaire, il est évident que la gestion de la chose publique doit se faire dans le cadre de la démocratie locale», explique Lhafi. D’ailleurs, il en profite pour soulever le cas de la loi sur le régime de sollicitation de l’opinion publique qui permet de s’exprimer sur les différents investissements classés dans les catégories 1 à 3 suivant leur degré de pollution. «Une ouverture qui permet aux populations de s’exprimer, au-delà des aspects techniques et scientifiques, mais uniquement par rapport au bien-être dans une collectivité donnée». Lhafi conclut en rappelant que «dans ces domaines, rien n’est jamais définitivement acquis, il faut continuer à accélérer la cadence et être en permanence à l’écoute de tous les défis qui se posent, car il y en a beaucoup».

Quelles initiatives au tableau?

Le triple A en faveur de l’agriculture, particulièrement touchée par les changements climatiques. Ici, l’expérience marocaine est partagée sur le continent africain.
Le triple S (soutenabilité, stabilité et sécurité) face à la migration causée par la dégradation des terres et le changement climatique. Un sol qui se dégrade ne produit plus et ne nourrit plus. Adoptée lors du 1er Sommet africain de l’action, l’initiative 3S prévoit la création d’emplois verts et la promotion d’opportunités d’investissement pour les migrants.
La grande muraille verte au Sénégal et ses objectifs de planter une coulée verte de 7.600 km de long sur 15 km de large de la Mauritanie à Djibouti, afin de ralentir l’avancée du désert, améliorer la gestion des ressources naturelles et lutter contre la pauvreté.
Le lien entre la muraille verte et les forêts du bassin du Congo, un formidable puits de carbone.
Le développement des énergies propres et la coopération Sud-Sud.
L’organisation mondiale de l’aviation civile qui engage les constructeurs à réduire leurs émissions. Le transport à lui seul représentant 25% de causalité des changements du climat dans le monde.
Et des espoirs, comme l’accord de Kigali, un traité international qui vise l’élimination les hydrofluorocarbures, et qui, à lui seul, pourrait réduire de 0,5° le réchauffement d’ici à la fin du siècle. o

 

 

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