Economie

Impayés: La chasse des débiteurs de mauvaise foi!

Par Franck FAGNON | Edition N°:4957 Le 09/02/2017 | Partager
Le recours aux sociétés de recouvrement s’intensifie
Mais la garantie de résultat n’est pas certaine
61 milliards de DH de crédits bancaires en souffrance
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Les entreprises recourent de plus en plus aux sociétés spécialisées pour recouvrer leurs créances et se concentrer sur leur cœur de métier. Dans la plupart des cas, la solution amiable est privilégiée surtout pour éviter de s’embourber dans une procédure judiciaire longue et coûteuse 

«Nous continuons à relancer les débiteurs par téléphone. Mais, l’expérience a démontré que les déplacements sur place marchent mieux», raconte un cadre de RM Experts, la filiale de recouvrement de BMCE Bank of Africa. Epuisées par l’allongement des délais de paiement, les entreprises ont de plus en plus recours à des spécialistes pour recouvrer leurs créances. RM Experts par exemple gère un portefeuille de 1 milliard de DH hors banques et assurances. 

L’augmentation des délais de paiement et la mauvaise foi de certains débiteurs poussent plusieurs entreprises à muscler leur analyse du risque pour prévenir les difficultés de recouvrement. La crainte d’une rupture de la relation commerciale dissuade quelques-unes à solliciter les services des sociétés de recouvrement aux méthodes parfois très agressives. Pour contourner cette inquiétude, les recouvreurs prennent la casquette de l’entreprise de leur client pour interagir avec le débiteur. «Dans 3 cas sur 10, le débiteur est de mauvaise foi», relève un professionnel. 
Le règlement à l’amiable est privilégié pour éviter les aléas du recouvrement judiciaire (www.leconomiste.com du 6 février 2017). Environ 7 dossiers sur 10 aboutissent à un règlement à l’amiable. 
Tous les secteurs souffrent des impayés, à commencer par les banques qui concentrent une masse importante de créances en souffrance. 9% des crédits accordés aux ménages et aux entreprises, soit un encours de 61 milliards de DH, étaient en souffrance à fin 2016. Le ralentissement de l’activité et les difficultés de trésorerie des entreprises notamment ont aggravé les impayés. Le scoring pour les ménages et la notation pour les entreprises ne suffisent pas toujours à faire le bon tri. 
Par ailleurs, le renforcement de la concurrence et le ralentissement de la demande contribuent à certains manquements. «L’on ne peut pas dire que la gestion du crédit se fait au mieux au niveau des banques», relève un observateur. Un directeur d’agence fera tout pour garder son client et lui décrocher un crédit quitte à être moins regardant sur un certains nombre de choses pour faire du chiffre. Sauf que ces manquements auront des répercussions lorsque le dossier va tomber en défaillance. Ce qui peut compliquer le recouvrement de la créance par le service contentieux. «Nous avons un banquier qui veut faire du chiffre et un autre qui doit réparer les pots cassés», remarque un expert. La pression restera forte sur les équipes commerciales à l’avenir avec la maturation du marché et des clients. Faire du chiffre ne suffira plus, mais il faudra faire du bon chiffre.

 

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