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International

Donald Trump s’attaque à la régulation financière

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4955 Le 07/02/2017 | Partager
Il vient de signer un décret ordonnant une révision de la loi Dodd-Frank
Une mesure saluée par les banquiers de Wall Street
La règle fiduciaire visée aussi
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«On va couper beaucoup dans la loi Dodd-Frank. J’ai des amis qui ne peuvent pas lancer leur entreprise parce que les banques ne veulent pas leur prêter à cause des règles et des contrôles de ce texte», a lancé Donald Trump (Ph. AFP)

Le président américain Donald Trump lance son offensive contre la réglementation financière. Il a paraphé un décret ordonnant un réexamen de l’ensemble des lois financières «Dodd-Frank» promulguées en 2010 par Barack Obama. Une mesure saluée par les banquiers de Wall Street. De son côté, l’association bancaire ABA s’est félicitée de cette initiative appelant à «un réexamen attentif et prudent de Dodd-Frank qui devrait permettre de libérer le pouvoir de l’industrie bancaire». Notons que toute abrogation substantielle de cette loi nécessite l’accord du Congrès. 
Avant même l’alternance à la Maison Blanche, la loi Dodd-Frank de réforme de Wall Street a connu des retards au lancement et n’a pas été entièrement mise en vigueur.
En juillet 2016, seuls 77,5% de ses règlementations assorties d’une date-limite avaient ainsi été finalisées, selon le cabinet d’avocats Davis Polk. Après de longs reports et malgré le lobbying de Wall Street, une disposition-phare de la loi a par ailleurs commencé à entrer en vigueur. Il s’agit de la règle Volcker qui interdit aux banques de spéculer pour leur compte propre. Elle est aussi dans le collimateur de l’administration Trump.

La loi Dodd-Frank doit son nom à ses deux concepteurs, les élus démocrates Barney Frank et Chris Dodd. Elle a mis en place un arsenal de règles aux Etats-Unis destinées à prévenir les excès du secteur financier ayant conduit à la crise de 2008-2009. Ce texte a notamment obligé les géants bancaires à se soumettre à des tests annuels évaluant leur solidité en cas de tempête financière. Les grandes banques sont également tenues d’établir un «testament» permettant leur démantèlement ordonné en cas de faillite. Ils ne peuvent pas décider du montant des dividendes reversés à leurs actionnaires sans le feu vert de la Réserve fédérale (Fed). Cette loi cherche ainsi à s’attaquer aux banques dites «too big to fail» (trop grosses pour faire faillite) dont la chute risquerait de déstabiliser l’ensemble du système financier et de requérir un sauvetage sur fonds publics. 
La Fed est aussi dans le collimateur du nouveau président américain.

Patrick McHenry, le vice-président de la commission sénatoriale des services financiers, a ainsi fait récemment parvenir à la présidente, Janet Yellen, une lettre. Celle-ci la somme de se retirer de toutes les négociations en cours sur la réglementation financière, que cela soit aux Etats-Unis ou à l’international dans le cadre du Comité de Bâle. D’autre part, Trump a signé un autre décret visant la règle fiduciaire qui oblige les conseillers financiers à agir dans l’intérêt de leurs clients. Cette règle devait entrer en vigueur en avril, mais elle sera reportée, en attendant son réexamen.

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