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Culture

Africa Art Lines rapproche les artistes africains

Par Amine Boushaba | Edition N°:4954 Le 06/02/2017 | Partager
Un programme de mobilité entre le Maroc et le reste de l’Afrique
Des bourses destinées aux artistes comédiens, danseurs, chorégraphes, musiciens…
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En plus de son fonds de mobilité, l’association Afrikayna se propose d’accompagner les artistes africains par la création de synergies. En 2016, l’association a invité Marcus Miller, probablement le meilleur bassiste au monde, à partager son parcours et son savoir-faire avec des musiciens nationaux et africains installés au Maroc (Ph. Afrikayna)

IL est un constat indéniable, l’Afrique est le continent le plus fermé… aux Africains! Selon une étude récente de la Banque africaine de développement, un Africain a besoin de visa pour se rendre dans 55% des pays du continent, et seuls 13 pays sur les 54 au total ont une exemption de visa ou accordent un visa à l’arrivée. Les connexions aériennes ne sont pas non plus des plus efficientes avec souvent des itinéraires improbables et des durées de vol peu pratiques, mais surtout très chères. Ceci ne facilite, bien évidemment, pas les échanges  économiques et encore moins culturels. 

Au moment où le Maroc réintègre, par la grande porte, sa place dans les institutions du continent, les initiatives se multiplient pour créer des passerelles culturelles et artistiques avec les autres pays africains. Des initiatives comme celles des associations Racines, Afrique Culture ou encore la Fondation Orient-Occident  qui œuvrent depuis quelques années déjà à faire dialoguer artistes et intellectuels africains au Maroc. Une mission qui fait partie de l’ADN de l’association Afrikayna, créée en 2013 et qui a pour objectif l’échange interculturel, le développement et la coopération en Afrique.

L’idée de départ était de créer un rapprochement entre les jeunes Marocains et ceux des communautés africaines installées au Maroc,  à un moment où les discours racistes et haineux commençaient à se banaliser. «On a très vite pris conscience de l’urgence de travailler sur le volet culturel pour le rapprochement des communautés», précise Rita Khaldi, la présidente de l’association. «On s’est rendu compte qu’il y avait une vraie méconnaissance de l’autre… entre nous Africains, on ne se connaît pas beaucoup, à part une poignée d’investisseurs et d’opérateurs qui avaient un réel intérêt pour le continent. Pour le reste, il y a un grand gap social et culturel qu’il faut resserrer». L’inclusion s’est faite d’abord par la musique, à force de résidences, de collaborations d’artistes et coproductions d’albums entre des artistes marocains et d’autres du reste du continent. La question de la circulation des artistes s’est très vite posée et l’association a élaboré un projet de mobilité artistique en Afrique pour le soutien des projets communs entre le Maroc et les autres pays. 

Baptisé Africa Art Lines, il s’agit tout simplement d’un fonds pour permettre aux artistes et opérateurs culturels porteurs de projets artistiques entre le Maroc et les pays d’Afrique de bénéficier de bourses pour leurs frais de voyage et dont la deuxième édition vient d’être lancée. Une manière d’encourager les projets de création communs entre le Maroc et les autres pays du continent. Il s’agit également «d’élargir les audiences et participer au développement du marché artistique en Afrique et transmettre, à travers les arts, les valeurs de la diversité et du dialogue interculturel», précise la fondatrice d’Afrikayna. D’abord destiné aux professionnels de la musique, le fonds s’étend désormais aux arts vivants. Un appel à projet est lancé sur le site de l’association (date limite le 5 mars 2017) et une centaine de bourses sont disponibles. Se produire dans le cadre d’un festival, enregistrer un morceaux avec des artistes  du continent, faire des recherches sur le patrimoine culturel d’un pays...
Les projets seront sélectionnés par un jury constitué de membres issus de plusieurs pays d’Afrique sur la base de critères établis tels que le parcours des artistes, les structures d’accueil dans le pays hôte ou la pertinence du projet. Convaincu que le continent est capable de prendre en main sa propre destinée, Africa Art Lines s’est imposé la contrainte de n’être alimenté que par des fonds 100% africains. Pour l’instant, le principal bailleur reste le groupe OCP, qui a vu en ce projet une convergence avec sa vision de développement vers le continent. «En attendant que d’autres institutions ne nous rejoignent pour permettre une plus grande mobilité de nos artistes africains dans leur propre continent», précise Rita Khaldi.
 

 

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