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Régions

La malédiction de l’Oukaïmeden

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4949 Le 30/01/2017 | Partager
Plusieurs projets de mise à niveau avortés
La seule station de ski africaine manque cruellement d’infrastructures
Le coup de gueule des amis de «Louka»
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Comble de l’ironie, CNN a classé Oukaïmeden 86e sur les 100 meilleures stations de ski au monde. Cette place, elle la doit plus à son côté insolite et notamment les montées aux sommets qui se faisaient à dos de mulets. Ce qui en dit long sur le manque d’infrastructures (Ph. L’Economiste)

C’est un cri du cœur que lancent les amis de l’Oukaïmeden aux autorités nationales, régionales et locales. Ils leur demandent de sauver la station de ski qui vit une situation déplorable tant pour l’accès qui reste souvent impraticable notamment en ces périodes de neige que pour la gestion du site. «Il n’est pas normal de vivre une situation aussi catastrophique», déplore Dr Aziz Cherkaoui, initiateur de ce mouvement. La station de l’Oukaïmeden -«Louka», comme on l’appelle plus familièrement- est un site unique en Afrique. Elle est sise à 70 kilomètres de Marrakech, mais pour y accéder, il faut 2 heures de route sinueuse et durant les courtes périodes d’enneigement, il faut y ajouter des heures d’embouteillage.

Sur place, l’incivilité mais aussi le manque d’infrastructures rendent la visite très désagréable. Ici l’informel bat son plein: de faux moniteurs, faux guides, faux loueurs de matériels et autres intermédiaires, gargotes. Ils côtoient les rares professionnels du coin. Bref, toute une économie informelle autour de ces chutes de neige longtemps attendues et qui se traduit par un manque d’hygiène, une absence de parking et un personnel aux téléskis peu accueillant… Autant de désagréments, que les amis de l’Oukaïmeden dénoncent. Mais, c’est surtout une gestion convenable qui manque à la station. «Pourquoi ne pas la confier à un groupe spécialisé capable de redonner vie à ce site que ce soit en hiver ou en été. Une gestion qui permettra à tous les habitants de sortir de cette situation malheureuse de marginalisation?». A noter que plusieurs études techniques ont été effectuées pour le site et notamment pour rallonger la période de ski avec une gestion cohérente des pistes. Ce qui augmenterait, en temps et en qualité, l’activité des sports d’hiver.

L’approche technique envisageait également l’enneigement artificiel, une solution adoptée par plusieurs autres stations internationales de ski. Reste à mettre les moyens. De nombreux investisseurs se sont manifestés pour des projets à Louka. Le dernier en date est celui du groupe Emaar, qui devait mettre à niveau la station pour répondre aux standards internationaux des activités de sports d’hiver avec des hôtels, des résidences… est passé à la trappe.
En 2004, Atlas Engineering, porté par un voyagiste marrakchi spécialisé dans le tourisme de montagne et d’autres associés, avait imaginé un schéma qui comprenait un 18 trous, un enneigement artificiel et des résidences sur 70 hectares ainsi qu’un écomusée de la transhumance. Bien avant, dans les années 1990, un programme de revalorisation du site devait être mis en place, financé conjointement par les gouvernements marocain et canadien. Ce programme n’a jamais vu le jour: la partie marocaine n’a pas pu honorer ses engagements sur le financement du projet. Et les Canadiens avaient fini par plier bagage.
 De notre correspondante,
Badra BERRISSOULE

 

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