Economie

Les voyagistes prennent le train du numérique

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4948 Le 27/01/2017 | Partager
Pour éviter le crash, ils vont chercher la clientèle sur la webosphère
Ils répondent à la désintermédiation par un professionnalisme intelligent
La région Marrakech Safi, parmi les plus concernées, prend les devants
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Pour permettre l’innovation dans le secteur de la distribution, le secteur a besoin d’un système de distribution moderne, efficace et évolutif avec même un groupement des acteurs afin d’atteindre une taille critique

Condamnés par les sites de ventes de voyages en ligne, et les nouveaux acteurs, les voyagistes n’ont pas dit leur dernier mot. C’est que la profession à Marrakech affiche malgré tout une résilience. Pourtant, la rupture structurelle qui a commencé en 2000 dans l’industrie mondiale du tourisme les a touchés de plein fouet. La révolution des ventes en ligne qui a d’abord chamboulé l’aérien s’est étendue à toute la chaîne de l’industrie des voyages.

Les TO européens, grossistes des forfaits touristiques vers le Maroc, ont perdu le pouvoir et les conséquences ont été immédiates sur les voyagistes. Ensuite, la profession a été confronté aux géants de la vente en ligne, tels que les sites Internet de ventes de voyages (booking.com, expedia.com,), du transport comme Uber ou de l’hôtellerie tels que Airbnb. Dans ce contexte de morosité pour tous les acteurs du tourisme, l’e-tourisme, lui, n’est non seulement pas affecté par la crise, mais en plus gagne du terrain. Et pour cause: les vacanciers organisent leurs voyages eux-mêmes en ligne et se fient davantage aux recommandations publiées sur les réseaux sociaux. Au Maroc et à Marrakech particulièrement, c’est avec ces nouvelles tendances que les survivants à l’ouragan doivent composer. A l’initiative de l’Association régionale des agences de voyages de Marrakech/Safi (ARAVMS), Marrakech a accueilli une rencontre débat sur la désintermédiation.

Le bal des idées n’a pas fait défaut à cette journée de réflexion et à laquelle ont participé des voyagistes de l’ensemble du Maroc mais aussi des hôteliers et des restaurateurs. Tous inquiets par ce phénomène qui impacte leur business model et les pousse à trouver des solutions à même de leur permettre de retrouver des parts de marché. La désintermédiation a profondément déséquilibré les rapports de force entre les acteurs de toutes les chaînes de valeur, confirme Mehdi Taleb, directeur de la réglementation et de la qualité au sein du ministère du tourisme.

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En quelques années, nous sommes passés d’un marché organisé avec des TO et agences de voyage, à un marché où le client peut préparer son voyage en quelques clics. Se battre contre des sites comme booking ou autres est illusoire. L’avenir du métier ne peut se faire sans une migration vers le numérique

En témoigne d’ailleurs, le recul du recours aux agences de voyage pour l’organisation d’un voyage qui passe de la 2e position à la 4e. Mais, attention, l’Uberisation n’est pas une menace, mais plutôt une opportunité qui devra être utilisée dans ce qu’elle a de meilleur, à savoir: la qualité de service qui répond en tous points aux attentes des clients, estime Fouzi Zemrani, vice président de la Confédération nationale de Tourisme et vice président de l’ARAVMS.

«Il faut répondre à la désintermédiation par un professionnalisme intelligent tant au niveau de l’offre qu’au niveau du service. Le client saura faire la différence en privilégiant la qualité́ au prix», recommande le vice-président de l’Aravms. La profession se doit donc de s’inventer un nouveau modèle qui va vers la création d’une plus grande valeur ajoutée dont seuls sont capables les voyagistes. Face à la pression de l’univers numérique, il faut se lancer dans des concepts thématiques (nutrition, bien-être, art, tourisme durable, …) qui attirent de plus en plus d’adeptes, recommandent les experts.

Une plateforme marocaine

L’ONMT qui est en train de renforcer son pôle digital réfléchit à une plateforme qui présenterait l’offre marocaine par niche et avec des produits spécifiques (handicapés, femmes,…) loin des schémas trop généralistes des géants dans ce domaine comme booking ou autre et qui eux ratissent large. Pour l’Aravms, il y a nécessité d’investir dans l’acquisition d’une plateforme digitale à même de permettre à l’ensemble des acteurs de négocier leurs prestations en temps réel et de les achalander via un portail national lui-même décliné en portails régionaux dotés d’applications pour smartphones et tablettes. Les professionnels de chaque région auront la tâche de proposer des offres produit basées sur des expériences à vivre et en relation avec la spécificité́ de la région: Culturel, balnéaire, nature, sports, loisirs, découvertes, familles et autres.

 

 

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