Economie

Campagne agricole: Rien n’est encore perdu

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4944 Le 23/01/2017 | Partager
Peu d’impact du froid sur les céréales d’automne
Les pluies des mois de février et mars restent décisives
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Source: DRA de Casablanca-Settat
La région de Casablanca-Settat a bouclé son programme comme prévu. Au total, les céréales d’automne ont été semées sur plus de 780.000 ha.  Le programme agricole porte également sur 16.000 ha de betterave à sucre. Le reste est emblavé en maraîchage, fourrages et légumineuses

Froid glacial, chute de neige et gelée matinale qui sévissent partout dans les régions de production agricole. De quoi inquiéter les producteurs et les consommateurs. Surtout que l’impact se traduit déjà par la surchauffe qui a gagné les marchés des fruits, légumes et poisson. Une situation qui a amené également le HCP à revoir à la baisse sa prévision de croissance pour l’année en cours. Elle sera de 3,6% contre 4,5% en 2015. Année qui avait enregistré une campagne céréalière record: 115 millions de quintaux.

Mais pour 2017, le HCP se veut moins optimiste que les autres institutionnels y compris bien évidemment le gouvernement. Il reconnaît toutefois que le cumul pluviométrique s’annonce excédentaire de 135% par rapport à une campagne normale. Seulement, les superficies semées sont en retrait du cinquième par rapport aux surfaces ciblées. Au total, 4 millions d’hectares ont été emblavés jusqu’à décembre dernier sur les 5 millions programmés par le ministère de l’Agriculture. S’ajoute, selon le Haut commissariat au plan, le risque de perte de production du fait de la vague de froid.     

Pour le moment, les professionnels se veulent rassurants. Pas d’impact significatif sur les céréales, l’arboriculture fruitière et même l’élevage. Bien au contraire, les céréales ont besoin du froid pour leur développement, est-il indiqué. D’ailleurs, elles sont considérées «des céréales d’hiver» vu leurs exigences agronomiques, nécessitant des températures assez basses.
Quant à l’arboriculture fruitière, elle se trouve dans une période de repos végétatif, ce qui implique un ralentissement de toute activité végétale. C’est le cas des fruits à pépins ou à noyaux comme les olives, les agrumes précoces, l’abricot, les amandes… En cette période, les arbres sont généralement dénués de feuilles et de fruits, ce qui réduit l’impact de la grêle. Mais si le froid persiste jusqu’à la fin de la période de repos, les conséquences seraient graves. Encore faut-il précisé que l’impact serait variable selon les régions.    

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Dans un bulletin spécial, la Météorologie nationale avait annoncé une forte baisse des températures. Elles devaient atteindre les moins 11 degrés dans les provinces de Midelt, Tinghir, Azilal, Al Haouz, Beni Mellal, Boulemane et Ifrane. Partout ailleurs, les températures minimales oscilleront entre 0° et 6°. D’importantes chutes de neige étaient également attendues en fin de semaine. Elles devaient intéresser les zones d’Al Haouz, Azilal, Beni Mellal, Midelt, Khénifra, Ifrane, Sefrou, Boulemane et Taza. Ailleurs, les chutes de neige seront modérées (Ph. Bziouat)

Pour le moment, la situation évolue favorablement dans plusieurs régions à fort potentiel céréalier. La région de Casablanca-Settat, qui concentre le quart des superficies semées, se porte bien. Selon le directeur régional de l’agriculture, Abderrahmane Naili, «la situation est jugée normale, voire bonne aussi bien pour les céréales que les cultures industrielles». Excepté quelques dizaines d’hectares de pomme de terre, les maraîchages se développent également de manière satisfaisante. De même, les prix des composants de l’aliment de bétail n’ont pas enregistré de hausse inconsidérée.  
Toujours est-il que l’actuelle vague de froid est une manifestation de la saison, admettent de nombreux experts. Janvier est réputé être une période gélive et très marquée par une importante chute des températures. Sa répercussion principale est surtout le ralentissement du développement des plantes.

Les zones intérieures demeurent les plus exposées, à savoir les pleines du Saïss, Tadla et dans une moindre mesure la région de  l’Oriental. Pour les régions du littoral atlantique, l’océan joue le rôle d’amortisseur de froid. Dans le Souss, le froid aura un impact certain sur la nouaison des nouveaux plants de tomate. Cette situation, conjuguée au ralentissement de la maturité du produit, entraîne un recul de  production. Mais il favorise la qualité et partant un effet positif sur sa commercialisation. Reste que tout dépend encore des  précipitations des deux prochains mois.

 

 

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