Habillage_leco
Régions

Imilchil: Plus d’une décennie contre l’érosion

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4942 Le 19/01/2017 | Partager
Un projet lauréat des Trophées Initiatives Climat lors de la COP22 à Marrakech
Sensibilisation, formation et alternatives économiques pour lutter contre l’érosion
imilchil_erosion_042.jpg

La création d’une pépinière de groseillier sauvage et l’épine vinette, deux plantes autochtones, permet d’alimenter le reboisement dans la vallée d’Assif Melloul, où très peu de végétaux arrivent à pousser (Ph. Association Akhiam)

La zone d’Imilchil est une vallée de montagnes située à une altitude moyenne de 2.300 mètres, dans le Haut Atlas. L’Assif Melloul, dans la région d’Agoudal au sud d’Imilchil, est un bassin versant qui a été extrêmement fragilisé par le surpâturage et le déboisement excessif. Une situation qui a engendré au fil des ans une réelle problématique d’érosion des sols qui touche directement les populations des zones montagneuses et indirectement les populations en aval.

Un grand chantier pour stopper l’érosion des sols et trouver des alternatives à moyen et lent terme a été entamé depuis plus d’une décennie dans cette zone. Plusieurs initiatives ont été enclenchées dans ce sens par l’association Akhiam pour le développement économique et social à Imilchil. Un travail qui a été récompensé en figurant sur le palmarès «Trophées Initiatives Climat» pour les pays d’Afrique francophone, organisés lors de la COP22. Un travail de longue haleine mais qui a le mérite aujourd’hui d’avoir donné des résultats probants.

La sensibilisation et l’implication de la population, la lutte mécanique et biologique contre l’érosion et l’introduction de nouvelles technologies pour l’économie d’énergie sont les objectifs principaux de l’ensemble des projets. Une première intervention a été réalisée en 2005 pour la protection de la vallée de l’Assif Melloul, en collaboration avec l’association «Hydraulique sans frontières». Elle a consisté en la réalisation de deux seuils en béton cyclopéen (27 m et 17 m de long). Mais un petit nombre d’ouvrages ne permettrait pas de protéger suffisamment les surfaces cultivées. Le projet devait être mené à grande échelle et au niveau de toute la zone pour une meilleure efficacité.

En 2007, un colloque organisé par l’association Akhiam dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) a permis de se concerter sur les solutions à apporter aux problèmes d’érosion des sols et de lutte contre les effets des crues dans la vallée d’Imilchil. Parmi les solutions proposées, figuraient la mise en place de techniques de conservation des eaux et des sols, d’une part, et la valorisation des eaux pluviales et la limitation  des risques d’érosion, d’autre part. C’est le début du projet de «Lutte contre l’érosion et les inondations dans la plaine alluviale de la vallée d’Imilchil».
Le projet a débuté avec la mise en repos d’un versant et le suivi de la régénération de la végétation naturelle avec des méthodes phyto-écologiques qui ont permis une évaluation de la production en biomasse et le calcul de la charge pastorale. Une étape cruciale étant donné que les actions allaient porter sur des terres collectives. L’étape suivante a consisté en la mise en place de seuils de gabions pour retenir les éboulements. «Le chantier principal de notre travail est incontestablement l’introduction d’alternatives économiques viables auprès de la population, permettant d’atténuer l’interdiction de déboisement», explique Hssain Ouzani, président de l’association Akhiam.

En 2012, le programme de «conservation des sols et des eaux dans le bassin versant de la vallée Assif Melloul», présenté au Fonds pour l’environnement mondial (FEM) est venu compléter les réalisations du projet précédent avec un important volet sensibilisation dédié à la population sur l’importance du couvert végétal pour fixer les sols et retenir l’eau. Des programmes de formation aux techniques de fixation des sols ont également été organisés au profit d’agro-pasteurs. La création d’une pépinière de groseillier sauvage et l’épine vinette, deux plantes autochtones, était un deuxième axe très important dans ce projet.

La multiplication de ces deux plantes allait alimenter les opérations de reboisement dans la vallée. En effet, le reboisement des ravins vulnérables et à hauts risques dans la vallée a commencé au cours de l’année 2015 avec l’introduction de 10.000 plants dans deux ravins identifiés. «Le reboisement doit permettre la reconstitution progressive du couvert végétal qui joue un rôle important dans la fixation des sols, sachant que très peu de végétaux arrivent à pousser dans cet environnement», note Hssain Ouzani.
L’ensemble de ces projets permet aujourd’hui à la population du bassin versant de l’Assif Melloul de réduire l’impact des changements climatiques sur cette zone. La diversification des activités économiques et l’implication des femmes ont permis à plusieurs familles d’augmenter leurs revenus. Mais le résultat le plus important reste la prise de conscience de la part de la population de son rôle dans la protection de son propre environnement.

Des alternatives pour limiter le déboisement

Les activités économiques des habitants d’Imilchil ont été longtemps limitées à l’élevage de moutons dans les montagnes, et la culture d’arbres fruitiers sur les berges des oueds. L’alimentation du bétail a induit le surpâturage, en plus du besoin en bois pour la cuisson et le chauffage en hiver qui a entraîné la destruction de l’écosystème végétal. Au lieu d’interdire, l’association Akhiam opte pour les alternatives. L’introduction de l’orge hydroponique, la diffusion de fours qui économisent l’énergie, la réorientation des pasteurs vers l’élevage des vaches et la production de lait et ses dérivés permettent d’atténuer la pression sur la végétation naturelle. L’association Akhiam cherche aujourd’hui à trouver d’autres solutions comme la construction écologique, les fours à basse consommation d’énergie.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc