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Cour des comptes: La Smit épinglée!

Par Safall FALL | Edition N°:4942 Le 19/01/2017 | Partager
Etudes stratégiques, démarchage d’investisseurs… Le zéro pointé de la Cour
Alerte rouge sur la situation financière

Depuis sa création, la Société marocaine de l’investissement touristique (SMIT) s’est occupée de tout… sauf du tourisme! C’est l’un des constats les plus acerbes que vient de livrer la Cour des comptes dans un rapport de contrôle rendu public hier, mercredi 18 janvier, en fin de journée. Parmi les insuffisances relevées dans le cadre de sa mission d’ingénierie et d’aménagement touristique, la Cour relève que «les études stratégiques réalisées par la Smit depuis sa création portaient  uniquement sur des actions en relation avec sa propre réorganisation.

Or, les études devraient porter sur le détail du processus de mise en œuvre des différentes composantes de la politique touristique. L’étude stratégique baptisée Smit Relaunch-stratégie 2020, par exemple, réalisée par l’entité publique en 2011, avait conclu l’établissement d’un plan pour l’implémentation de la Vision 2020. Ledit plan a plutôt suggéré, selon les experts de la Cour, «des tâches telles que la veille et l’étude de préconcept», plutôt que la formulation d’une démarche globale d’implémentation de ladite vision.

«La stratégie adoptée consiste à ne pas détailler de manière systématique toutes les études tant que l’investisseur et le financement ne sont pas encore confirmés et ceci, dans un objectif de rationalisation des dépenses», se défend Imad Barrakad, président du directoire de la Smit. Mais ce n’est pas tout. La Smit n’aurait d’ailleurs que très peu piloté ses propres études. «La société soutient qu’elle réalise chaque année un nombre considérable d’études en ingénierie du produit touristique, schémas de développement, stratégie, etc. Mais ceci est à nuancer par le fait que plusieurs de ces études sont réalisées par des cabinets privés, alors que d’autres étaient de simples actions d’accompagnement à d’autres entités», mentionne le rapport.

Les magistrats s’attaquent aussi à la capacité de l’organisme à ramener des investisseurs. «Au vu des réalisations de la Smit, il est possible de conclure qu’après plus de 8 ans de son existence, la société n’a pas pu développer une réelle activité de démarchage lui permettant de participer activement à la promotion des investissements touristiques». En revanche, la société indique avoir approché entre 2012 et 2015 un total de 158 prospects. Mais ces nouveaux contacts ont été surtout établis dans la zone Mena. Ce qui correspond à 60% de l’ensemble des actions. «Les résultats ont été modestes, puisque seulement trois conventions ont été signées».

Rente foncière!

«La Smit est une entreprise qui vit de la cession de son patrimoine foncier et non de sa propre production, notamment en services de conseil et d’ingénierie touristique». Telle est l’appréciation de la Cour sur les revenus de l’entreprise publique. L’étude de quelques données comptables révèle également plusieurs «fragilités». La Cour constate en effet un résultat d’exploitation dans le rouge tout au long de la période 2010-2014. Elle alerte aussi sur la réserve foncière de l’entreprise, estimée à 1,86 milliard de DH, qui ne devrait lui permettre de couvrir ses charges que sur les 12 prochaines années. «Un contrat-programme a été initié par la Smit et transmis en 2012 par le département du Tourisme au ministère des Finances. Ce contrat-programme n’a jamais abouti», rétorque Barrakad.

 

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