Economie

«Zéro Mika»: La mayonnaise a pris

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4941 Le 18/01/2017 | Partager
L’interdiction des sacs en plastique introduit de nouvelles habitudes de consommation
1.100 PV d’infractions déjà transmises aux procureurs du Roi

La décision d’interdire les sacs en plastique avait tout l’air d’une gageure. Six mois après l’entrée en vigueur de la mesure, un premier bilan peut déjà être dressé. Il a été présenté, lundi 16 janvier, par Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie et du Commerce, principal département à l’origine de la mise en œuvre de la loi interdisant la fabrication, le stockage, l’importation et l’utilisation des sacs en plastique. Un dispositif qui s’articule notamment autour du contrôle, de la promotion des produits de substitution, de l’accompagnement des unités industrielles désireuses de se reconvertir…

Ainsi,  chaque entreprise était contrôlée une fois par mois. Soit un total de 1.536 opérations qui s’est traduit par 20 PV communiqués aux procureurs du Roi. 261.855 points de vente ont également été contrôlés. Plus de 9.000 infractions ont été constatées et fait l’objet de 1.076 PV transmis au tribunal. 
Au niveau des frontières, les autorités de contrôle ont procédé à la saisie de 19 tonnes de sacs en plastique. Après moult avertissements, les contrôleurs ont saisi 133,5 tonnes de sacs dans différents points de vente et unités industrielles. Au total, 139 jugements ont été prononcés. Ce qui a donné lieu à 2,76 millions de dirhams d’amendes. 
Le deuxième axe porte sur la promotion des produits de substitution, qui font déjà partie des mœurs des consommateurs. Il existe actuellement 28 sociétés produisant 4,6 milliards de sacs en papier, 100 millions de sacs tissés et 120 millions de sacs non tissés. Autant de produits qui sont devenus une nouvelle source de revenus pour les commerçants puisqu’ils sont payants. 
Pour les seuls sacs en papier, les besoins s’élèvent à 9 milliards d’unités. Ce qui représente un gros potentiel pour de nouveaux investissements. En attendant,  les droits d’importation pour ce type de produit seront bientôt réduits. Le ministre a également annoncé que son département travaille actuellement sur des projets de normes obligatoires pour les nouveaux types de contenants, notamment les sacs en papier de 2 à 5 kg. L’objectif étant de les rendre plus résistants. 
Pour accompagner les unités industrielles structurées souhaitant se repositionner sur d’autres produits, le ministère de l’Industrie a mis en place un fonds doté de 200 millions de dirhams pour financer les investissements et le conseil des entreprises intéressées par un plan de reconversion. Les banques ont été sensibilisées au sujet des sociétés impactées par l’interdiction des sacs en plastique et la CNSS afin d’activer l’indemnité pour perte d’emploi.

Premières reconversions industrielles

72 unités de production de sacs en plastique ont répondu à l’appel à manifestation d’intérêt lancé en mai 2016 par le ministère de l’Industrie et du Commerce. Le chiffre d’affaires global des 72 unités éligibles s’élève à 927 millions de dirhams, dont 631 millions directement impactés par l’interdiction de la fabrication de sacs en plastique. Parmi les 16 dossiers déposés et traités, 14 portent sur des projets de reconversion et deux consistent en des plans de mise en conformité. Le montant des investissements prévus s’élève à 102 millions de dirhams, dont 51 millions provenant du fonds d’accompagnement. Selon le ministre, le chiffre d’affaires des entités accompagnées devrait s’établir en 2021 à 630 millions de dirhams contre 349 millions en 2015. Ces structures s’engagent à maintenir 475 emplois et de créer 509 nouveaux postes.

 

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