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Société

#Changer: Naissance d’un petit mouvement aux grandes ambitions

Par Amine Boushaba | Edition N°:4939 Le 16/01/2017 | Partager
Faire de la politique autrement
Le premier meeting à Casablanca a réuni une centaine «d’activistes»
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Pour Anouar Zyne, le premier meeting Changer du 11 janvier signe sa naissance officielle, il est également un clin d’oeil à la première pétition du Maroc moderne, celle du 11 janvier 1944 et «qui est un peu à l’origine de ce que nous sommes aujourd’hui» (Ph. #Changer)

Ils  veulent changer le monde! L’assertion peut paraître insurmontable, voire même prétentieuse, mais ils y croient et pour ce faire, ils commencent par changer les choses autour d’eux. Le mouvement «changer.ma», lancé par l’infatigable Anouar Zyne, ce touche-à-tout passionné de changement comme il se présente lui-même sur son blog, a organisé le 11 janvier, sa première rencontre physique après le lancement de la plateforme virtuelle en octobre dernier. Tout a commencé par un énigmatique «cherche 100 personnes pour changer le monde» balancé par le fondateur, sur les réseaux sociaux.

Le message a intrigué, puis fédéré autour de lui quelques centaines de personnes, pas du tout découragées par l’ampleur de la mission. Celle de faire «de la politique noble, celle qui met le citoyen non pas «au cœur de l’action publique», mais «à l’origine de l’action publique», peut-on lire sur la plateforme. Le message s’adresse également aux élus mandatés par seulement «un Marocain parmi quatre en âge de voter», précise Anouar Zyne. «Les instances en charge de notre quotidien sont pourtant destinées à servir l’ensemble de la communauté. S’ils doivent leurs mandats à une clientèle électorale, les élus doivent à la nation un rendement optimal, continu et irréprochable».

Une vigilance publique de tous les jours

Le ton est donné, il faut dire que, déçu de la politique partisane, Anouar Zyne a claqué, en septembre dernier, la porte de l’Union constitutionnelle dont il était membre du bureau politique.  Une démission qui ne signifie pas divorce avec la chose politique puisque c’est au quotidien qu’il veut la pratiquer. «Ce qui ne va pas aujourd’hui, c’est que la mobilisation citoyenne dans la vie publique est saisonnière. Pour les jeunes, la seule possibilité de s’exprimer et d’être entendus arrive tous les 5 ans à la veille des élections. Nous voulons au contraire maintenir une vigilance publique de tous les jours», affirme le fondateur de Changer.ma.

Comment y arriver? Le mouvement a identifié 4 moyens dont le premier est le plus simple: être en contact avec les élus! Mais avant cela, les connaître (et se faire connaître). Le mouvement se propose de mettre à disposition du public la base de données, par arrondissement, province ou région, de tous les élus de la nation. Objectif: établir un contact direct, encourager la proximité avec des initiatives inédites comme des promenades de quartiers le dimanche entre citoyens et élus pour étudier ensemble les conditions de vie des riverains. C’est le cas du parc de la place Chaouia à Casablanca où l’association des riverains a proposé à l’arrondissement de sidi Belyout de financer son réaménagement en aire de jeux.

Le deuxième levier d’action proposé est le recours à la justice. Anouar Zyne donne l’exemple de ce citoyen de Rabat qui, à force de constatations par huissier de justice et de plaintes, a réussi à obtenir un jugement rendant illégal l’immobilisation des véhicules à l’aide d’un sabot. Le troisième moyen d’action est le plaidoyer et dans ce sens le cas de l’association Insaf et son implication dans la lutte contre le travail des enfants est assez parlant et enfin le dernier et le plus important levier reste la possibilité nouvelle donnée aux citoyens de présenter des pétitions et motions au gouvernement et qui offre une excellente opportunité de pression citoyenne.

Mais changer le monde peut aussi se faire par le biais d’initiatives personnelles et plusieurs exemples ont été présentés lors de ce premier meeting qui a réuni une centaine de personnes. Fatem-Zahra Aniny est une jeune trentenaire directrice d’entreprise et adepte du mouvement  y croit dur comme fer: «Au moment où les pouvoirs politiques nous enlèvent toute lueur d’espoir, et les 3 derniers mois en sont la parfaite illustration, ce mouvement est une  petite bouffée d’énergie qui vous laisse croire que le Maroc s’en sortira probablement grâce à ses forces vives».

Des forces présentes  à Casablanca lors de ce meeting à l’instar du jeune Reda El Fakir qui se mobilise avec un groupe de jeunes pour offrir des cours de soutien à des étudiants à Derb Soltane ou encore la jeune Ghadir El Idrissi qui à 23 ans s’est faite ambassadrice du Maroc en visitant 13 pays avec peu de moyens et qui parle de commencer par changer soi-même avant d’envisager le changement pour les autres… bref des jeunes qui font bouger les choses à leur échelle sans que les médias ne leur offrent d’espaces d’expression: «une rencontre qui vous fait vous sentir très humble devant de si belles énergies qui se mobilisent tous les jours pour changer les choses, des modèles qui inspirent et qui peuvent servir de modèle à d’autres jeunes et à qui il faut donner la résonance qu’ils méritent», conclut notre activiste du changement. Dont acte.

 

 

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