Habillage_leco
Culture

Nouvel an amazigh: Entre festivités et revendications

Par Amine Boushaba | Edition N°:4936 Le 11/01/2017 | Partager
Assegas amegaz 2967!
Une date toujours pas reconnue officiellement

Des fruits secs, des grenades, des plats à base de céréales… des produits du terroir pour célébrer le nouvel an amazigh, qui confirment le caractère agraire de cette manifestation. Célébré dans le Maghreb, chez les Touaregs et même dans les îles Canaries, Yennayer sera fêté cette année du 12 au 14 janvier selon les régions (le 13 au Maroc). Dans la symbolique amazighe, le jour de l’an est représenté par une porte appelée «tabburt useggwass, ou la porte de l’année» qui s’ouvre sur une nouvelle ère de prospérité.

Sa célébration s’explique par l’importance accordée aux rites agraires et aux superstitions de l’époque dont certaines subsistent encore de nos jours, défiant les siècles dans nos campagnes. L’année amazighe est en fait issue du calendrier julien, dont elle a emprunté la répartition des 12 mois ainsi que la dénomination romaine de ces derniers tout en gardant les rites, les croyances et l’esprit amazigh. Dans les faits, le calendrier a toujours été pris en compte dans les campagnes du Maghreb, y compris dans les régions arabophones. En effet, malgré l’apparition du calendrier de l’hégire, avec les conquêtes musulmanes, et le calendrier grégorien avec la colonisation, ce premier calendrier a persisté, certainement parce qu’il est plus conforme au rythme des travaux agricoles.

Depuis quelques décennies, les célébrations se sont imposées comme un principe identitaire des populations nord-africaines et fédérateur des revendications et demandes de reconnaissance officielle de la culture amazighe. Chose faite, principalement au Maroc et en Algérie où les deux constitutions consacrent l’amazigh comme langue officielle. Depuis quelques années, les célébrations du nouvel an amazigh sont de moins en moins timides, elles revêtent même un caractère officiel dans certaines régions. C’est le cas à Agadir, Meknès, Nador et autres fiefs berbères du Royaume. La capitale du sud s’est même offerte l’année dernière des panneaux 4x3 pour souhaiter à ses habitants et visiteurs une bonne année.

Cette année, les festivités ont débuté le 5 janvier en collaboration avec la wilaya, le Conseil régional, le Conseil régional du tourisme et plusieurs associations. Au menu, l’installation d’un village «Id n Innayer» avec des troupes de danse, des conteurs populaires et d’autres artistes en plus d’ateliers d’apprentissage du Tifinagh. Un salon international du livre et de l’édition amazighs a également été inauguré avec la participation d’une trentaine de maison d’édition de différents pays. Une reconnaissance qui ne satisfait qu’à moitié les militants amazighs qui réitèrent leur revendication.

A savoir la reconnaissance d’Yennayer comme fête officielle, chômée et payée. Une revendication qui reflète, selon les associations amazighes, la place attribuée à la culture amazighe dans la Constitution et la reconnaissance par l’Unesco des commémorations du nouvel an amazigh comme patrimoine immatériel de l’humanité.

Un calendrier récent pour une histoire plusieurs fois millénaire

Nous sommes en 2967! Si le calendrier amazigh paraît beaucoup plus ancien que le calendrier grégorien, ou encore celui de l’hégire, son officialisation est très récente. C’est au militant kabyle Chaoui Ammar Negadi qu’on prête l’officialisation du calendrier amazigh. Sa création remonte à 1980, et constituait selon les militants un acte d’affirmation d’une nation amazighe dont l’histoire est plusieurs fois millénaire.
Les concepteurs ont donc choisi comme acte fondateur de «l’ère» amazighe un fait historique pour en faire le point zéro du calendrier, qui remonte à l’an 950 avant Jésus-Christ. La date correspond à la fondation de la première dynastie de pharaons berbères. Il s’agit de l’installation du roi Sheshonq 1er sur le trône d’Egypte.
Le roi amazigh avait réussi à unifier l’Egypte et pousser ses frontières jusqu’en  Palestine. La légende lui attribue la mise à sac des trésors du temple de Salomon à Jérusalem. Une date mentionnée dans la Bible et constituant la première date de l’histoire berbère sur un support écrit.

 

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc