Competences & rh

Université: Massification et formation de qualité, la difficile équation

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4935 Le 10/01/2017 | Partager
L’UNAM du Mexique, un cas d’école présenté à Rabat
Elle occupe le 160e rang, selon le classement Shanghaï, avec 3 prix Nobel au palmarès
Formation gratuite pour 350.000 étudiants dont 70% issus de milieux modestes
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Pour Pr Enrique Graue, président de l’UNAM, en plus de la formation académique, l’université doit jouer aussi son rôle social en contribuant à la préparation des bons citoyens (Ph. efe central)

Outre la formation et la recherche, les universités pourraient également jouer un rôle social permettant de faire face aux inégalités engendrées par la mondialisation. Mais comment y parvenir tout en assurant une formation académique de qualité et gratuite accessible pour la majorité des jeunes du pays?

En plus de l’intégration sociale au sein de la société via l’emploi, cette possibilité d’accéder à l’université devrait permettre également de contribuer à l’éducation du bon citoyen capable de faire face à l’injustice et l’intolérance ainsi que les différents maux qui menacent actuellement les sociétés à travers le monde. C’est le credo de l’université nationale autonome du Mexique (UNAM), considérée comme la plus grande université de l’Amérique latine avec près de 350.000 étudiants dont la moitié de sexe féminin. Une expérience présentée par son président Pr Enrique Graue lors d’une conférence, la semaine dernière, à Rabat.

Premier facteur de réussite, l’autonomie totale de l’université dans la gestion de ses affaires y compris la détermination de son offre de formation. «Consciente de l’importance de l’enseignement supérieur et la recherche pour le développement du pays, l’Etat s’est engagé à prendre en charge près de 90% de notre budget», souligne le président de l’UNAM. Ce qui permet d’assurer gratuitement la formation à l’ensemble des étudiants qui bénéficient en plus de bourses et d’autres services fournis par l’université: campus, activités culturelles, sportives, bibliothèques, livres…ajoute-t-il. Le reste du budget est financé par les recettes propres de l’université dégagées à travers des services effectués aux tiers notamment les entreprises dans le cadre de projets de recherche. La gratuité adoptée par l’UNAM n’a pas entraîné une détérioration de la qualité de sa formation.

A ce titre, Enrique Graue rappelle que le palmarès de son université se distingue par trois prix Nobel et un classement, 160e, selon le classement de Shanghaï. En ce qui concerne ce dernier, le président de l’UNAM tient de faire des précisions. «L'approche adoptée par notre université permet d'assurer un rôle social en permettant à un grand nombre de jeunes issus de milieu modeste de poursuivre des études supérieures de qualité et dans de bonnes conditions», explique Enrique Graue. Une mission différente de celle des grandes universités américaines et anglaises situées en tête du classement de Shanghaï dont l’accès reste très limité à une frange d'étudiants brillants mais disposant de moyens financiers énormes.

Ce qui leur permet de mobiliser des budgets colossaux mais pour un effectif très réduit en comparaison avec celui de l’UNAM. Certes, dans cette dernière la formation est gratuite, mais pour y accéder il faut passer par un système de sélection basé sur les notes obtenues précédemment par les candidats dans leur cursus. «Cette année, sur 500.000 candidats, nous avons retenu 50.000 étudiants», indique le président de l’université. Ces étudiants auront la possibilité de suivre leurs études dans près de 70 établissements de différentes spécialités: facultés, instituts et centres.

Rappelons par ailleurs que la visite du président de l’UNAM s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération avec l’université Mohammed V-Rabat (UM5R). «Le rapprochement entre nos élites va permettre à nos pays de mieux se connaître et développer davantage leur relation bilatérale», signale Andrés Ordonez, ambassadeur du Mexique au Maroc. Ce dernier tient à rappeler qu'il y a déjà une mobilité d’étudiants, et même d'enseignants entre les deux pays, dont un est chargé du département mathématiques à l’UNAM.

Ce glorieux établissement a été créé avant même les institutions de l’Etat. Il est l’héritier de l’université royale et pontificale de Mexico créée en 1551. Modernisée en 1910, l'université s’est distinguée très tôt en acquérant son autonomie et est devenue depuis 1929 l’Université nationale autonome du Mexique.

Chaire Mernissi à l’UNAM

En marge de la conférence d’Enrique Graue, deux conventions ont été signées pour renforcer le partenariat entre les deux universités. «La première porte sur la mise en place de deux chaires en mémoire à deux grandes humanistes et féministes du Maroc et du Mexique», souligne Said Amzazi, président de l’UM5R. Il s’agit de la Chaire Fatima Mernissi à l’UNAM et celle de Graciella Hierro à l’université de Rabat. La 2e convention a pour objectif de renforcer la coopération notamment dans les domaines des énergies renouvelables, la génomique et l’immigration.

 

 

 

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