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Analyse

Valorisation des déchets textile: L’industrie de la mode, plus durable

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4931 Le 04/01/2017 | Partager
H&M, Marks & Spencer, Armani Jeans... de grandes enseignes intègrent le recyclage
Le fast fashion, vecteur de développement de cette «florissante» industrie
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En octobre dernier, une nouvelle collection de Denim appelée «Close the Loop» a été lancée par H&M, dont les pièces sont fabriquées à partir de coton et laine recyclés (Ph.H&M)

Si la chaîne de vêtements H&M a lancé le 6 octobre dernier une nouvelle collection de denim appelée «Close the Loop», dont les pièces sont fabriquées à partir de coton et laine recyclés, c’est pour signifier que les matières premières dans le domaine du textile ne sont pas inépuisables. Le coton par exemple, qui nécessite de lourdes ressources, a dû faire face à une pénurie mondiale au cours de 2015. Les grandes marques de vêtement comme H&M sont ainsi de plus en plus impliquées dans l’économie circulaire. En 2013, le géant suédois du prêt à porter H&M est devenu la première entreprise de mode au monde à lancer un programme mondial de recyclage des vêtements, appelé «Garment Collecting Initiative». Une activité qui permet aux clients de faire don de leurs vêtements indésirables dans n’importe lequel de ses magasins à travers le monde. Plus de 34.827 tonnes de textiles ont été collectées à l’échelle mondiale depuis. Ainsi,  aujourd’hui H&M est en mesure d’utiliser 20% de coton recyclé provenant de la collecte de vêtements dans ces produits. Parallèlement, la marque investit dans de nouvelles technologies pour augmenter ce pourcentage sans perdre en qualité. Aujourd’hui, la mode durable va bien au-delà des tee-shirts en coton organique. Les tissus fabriqués à partir d’articles recyclés deviennent de plus en plus courants avec du polyester recyclé fabriqué à partir de bouteilles de boissons recyclées, par des sociétés telles que Patagonia, Marks et Spencer, et des jeans Armani. Courant 2016, Armani Jeans a développé de nouveaux matériaux à l’aide de 60% de laine recyclée et de coton teinté recyclé et a introduit du chanvre dans sa collection. Cette expérimentation s’est poursuivie avec la production d’une gamme de tricots bio, l’utilisation de l’alpaga pure et l’engagement avec des projets de coton équitable au Pérou et en Bolivie. D’autres entreprises de la mode utilisent des déchets de tissu générés au cours du processus de fabrication, désignés comme inutilisables en raison de fautes mineures.

                                                                                             

Perspectives révolutionnairesPerspectives révolutionnaires

Les fibres naturelles, comme le coton, le lin et la soie, ou des fibres semi-synthétiques créées à partir de cellulose végétale, subissent différents procédés industriels pendant la fabrication, modifiant les propriétés chimiques et mécaniques de la matière. Cette contrainte technique fait que les produits issus du recyclage ne peuvent pas tous rentrer dans la fabrication du vêtement, en tout cas pas en l’état. Dans le domaine de la recherche et développement, l’intérêt est indéniable pour travailler sur le recyclage des matières premières. H&M le sait, c’est pourquoi en février de cette année, elle a réparti 1,1 million de dollars par l’intermédiaire de sa fondation «Conscious Foundation» sur plusieurs laboratoires travaillant sur les technologies de recyclage des textiles. Une équipe travaillera sur un processus permettant de dissoudre les vieux vêtements de coton pour être filé de nouveau dans de nouvelles fibres. Une autre équipe travaille sur le développement d’un microbe qui peut digérer le polyester et le décomposer, même si celui-ci est mélangé avec une fibre naturelle. La technologie dite «Closed-Loop» , qui signifie la boucle fermée, où un produit est recyclé dans presque le même produit, est une perspective alléchante pour les défenseurs du développement durable, car elle permet de redonner vie à des déchets d’habitude non utilisables. L’idée est qu’avec la technologie Closed loop, pouvant être appliquée dans l’habillement, rien n’irait jamais à la décharge. La vie du textile serait simplement un circuit en boucle à l’infini, entre les usines de fabrication de textiles, les usines de vêtements, les magasins, les revendeurs de seconde main, les recycleurs textiles et de retour encore une fois aux usines de fabrication de textiles. Mais la technologie de recyclage des textiles en Closed Loop est encore en expérimentation. Les perspectives technologiques restent énormes en matière de recyclage de textile, et amorceraient peut-être une nouvelle tendance dans l’habillement?

La Chine, le géant de la confection s’y met aussi

À l’heure actuelle, seuls 1,6 million de tonnes, soit environ 10% des déchets textile sont réutilisées en Chine. Les deux entreprises Zhejiang Jiaren New Materials et Zhejiang Lvyu Environnement Protection, ont annoncé en début d’été 2016 leur engagement à construire la plus grande base de recyclage de déchets textiles du pays. Avec ce projet, la capacité chinoise de recyclage des déchets textiles augmentera en deux ans de 600.000 tonnes par an, soit un tiers du total des déchets textiles de la Chine. En novembre, la province de Hubei a annoncé la mise en place d’une importante base de recyclage pour s’attaquer au problème croissant de la ville de Huanggang en matière de déchets textile.

 

 

 

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