Analyse

«Pas d’interopérabilité dans le contexte actuel»

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:4930 Le 03/01/2017 | Partager
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«Toutes les métropoles qui ont réussi ont combattu la voiture. Il faut donc rendre l’accès difficile au centre-ville», assure Mohamed Bourrahim, adjoint du maire, en charge de la Mobilité et du Transport (Ph. Jarfi)

- L’Economiste: Les Casablancais ont l’impression que rien n’est fait pour améliorer le trafic de plus en plus chaotique …
- Mohamed Bourrahim :
Aujourd’hui, nous avons une vision, une stratégie. Donc nous savons où nous allons. Sur les 33 milliards de DH du plan de développement du Grand Casablanca, près de 27 milliards sont dédiés à la mobilité, dont 16 milliards dédiés au transport collectif en site propre et 8 milliards pour les infrastructures (voiries, parking, régulation, trémies, ouvrages d’art…). Toutes les métropoles qui ont réussi ont combattu la voiture. Il faut donc rendre l’accès difficile au centre-ville. Aujourd’hui, on a commencé par les décisions réglementaires: couloirs bus, schéma directeur du stationnement qui va déterminer les zones de parking en fonction de la durée de stationnement: vertes (stationnement libre), bleues (moyenne durée) et rouges (courte durée). Nous avons également conclu une convention avec l’AMDL pour créer des places de stationnement réservées au chargement de marchandises. L’aménagement des voiries comprendra des places réservées aux poids lourds.
Pour les couloirs bus, des études techniques sont en cours. L’avenue des FAR sera l’une des premières à être dotée de couloirs. Le plan de circulation également en cours de préparation va instaurer des boucles dans l’hyper-centre pour fluidifier la circulation. Nous allons aussi créer une boucle à sens unique au niveau des boulevards Lalla Yacout, Paris, Rachidi et Rahal Meskini.

- Qu’est-ce qui bloque réellement l’interopérabilité tram/bus?
- C’est une question purement commerciale. Les deux opérateurs sont prêts techniquement. Nous avons en fait deux modèles de contrats pour les deux modes: tram et bus. Pour le 1er, il s’agit d’un contrat d’affermage avec risque industriel et sans risque commercial. Casa-Tram est payé au kilomètre parcouru, quel que soit le niveau de fréquentation. C’est le modèle qui marche aujourd’hui. En revanche, le transport public par bus est géré par un contrat de gestion déléguée, comprenant les risques commercial et industriel. Le délégataire (M’dina bus) affirme que l’interopérabilité n’est pas rentable pour lui dans l’état actuel. On ne pourra jamais arriver à l’interopérabilité dans le contexte actuel. Sauf si on trouve un mécanisme de compensation dans lequel tout le monde trouve son compte. Ce qui n’est pas le cas. Si le modèle d’exploitation était le même, toutes les recettes seraient collectées et reversées à Casa-Transports, qui se chargera de payer les opérateurs et gérer les mécanismes d’interopérabilité bus/tram.
Le modèle qui marche est celui en vertu duquel les pouvoirs publics (collectivités locales avec les SDL) investissent dans les infrastructures, le matériel roulant… Ensuite des appels d’offres sont lancés pour l’attribution de contrats d’affermage à risque industriel. Donc, les décisions relatives au réseau, aux tarifs… restent du ressort de l’autorité délégante, alors que l’opérateur est payé en fonction du kilométrage. Le transport est un service public, il faut l’assurer même dans les zones ou les quartiers qui ne sont pas rentables.

- Qu’en est-il de la régulation de la circulation?
- Le projet d’installation d’un système intelligent de régulation du trafic est très important. Les caméras ont deux rôles: sécuritaire et de régulation de trafic.
A terme, la circulation sera gérée de manière intelligente par le PCC (poste de contrôle de la circulation) en cours de construction et dont le siège est basé à la préfecture de police de Casablanca. Ce système permettra de gérer la circulation de manière globale, avec des applications pour aviser les automobilistes sur les points noirs. Le centre devra être opérationnel en 2017. Les 1res caméras sont en cours d’installation. Nous sommes en train de former les agents et employés du PCC qui regroupera plusieurs intervenants (police, gendarmerie, wilaya, ville…). La surveillance des trémies sera aussi assurée par le PCC.
Propos recueillis par
Aziza EL AFFAS

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