Dossier Spécial

Assurance auto : La face cachée du système bonus-malus

Par Soufiane NAKRI | Edition N°:4918 Le 16/12/2016 | Partager
Le barème suit le véhicule et non pas le propriétaire
La tarification ignore l’aspect durable
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 En 2015, le chiffre d’affaires des primes liées à l’automobile domine dans la branche de l’assurance non vie. Aujourd’hui, avec plus de 3,5 millions de voitures, le chiffre continue d’augmenter (Source: FMSAR)

«Un bon conducteur voit sa prime diminuer après 24 mois sans sinistre et se stabilise à 90%. En revanche, un moins bon conducteur verra sa prime d’assurance majorée en cas d’un sinistre durant les douze derniers mois précédant la souscription», résume El Amrani Zine El Abidine, directeur indemnisation dommages à Saham Assurance. C’est le principe de base du fonctionnement du système bonus-malus. Depuis juin 2006, il a été remplacé par un nouveau système de tarification suite à la libéralisation du tarif responsabilité civile  automobile. Il correspond au coefficient de réduction ou majoration (CRM) mis en place par la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance (FMSAR). C’est une base de données consultable par l’ensemble du réseau pour visualiser l’historique des assurés et enregistrer leur sinistre. Un bonus de 10% s’active durant les 24 mois et sans rupture de 48 heures du contrat d’assurance. Cette réduction demeure invariable. En revanche, en cas d’un sinistre  engageant totalement ou partiellement la responsabilité du conducteur enregistré durant les douze derniers mois de la souscription, le renouvellement de l’assurance est majoré de 20% pour chaque accident matériel et 30% pour un sinistre corporel. Ce dernier doit être justifié par un certificat d’au moins d’une journée accompagné d’un PV de la gendarmerie royale ou de la police. «En cas d’accident, l’assuré est dans l’obligation d’aviser son assureur dans un délai de cinq jours au maximum par email ou par téléphone», conseille un agent général. Par ailleurs, le seul bonus de 10% qui figure dans ce barème dissimule un autre raisonnement que l’assuré ignore. En réalité, en cas d’un accident, le conducteur est doublement pénalisé, car il perd automatiquement la réduction de 10%. S’y ajoute une majoration selon le sinistre causé (20 ou 30%). «Cette tarification  doit suivre le principal responsable d’un sinistre qui est le propriétaire et non pas le véhicule» explique un agent général. L’assuré est, hors champ d’application lorsqu’il s’agit d’une toute première souscription.
En parallèle, ce système ignore totalement l’aspect durable. A date d’aujourd’hui, les critères de tarification se basent essentiellement sur le carburant, la puissance fiscale, l’usage… Les éléments environnementaux ne sont pas encore intégrés dans le processus de calcul de la prime. En revanche, certaines compagnies d’assurances innovent de nouveaux produits «verts». C’est le cas pour Axa Assurance Maroc qui a mis en place, depuis 2004, une offre spécifique pour les véhicules électriques. Quant à Saham Assurance,  elle dispose d’un traitement privilégié pour les voitures hybrides ou électriques grâce à son offre Assur’Auto Green. Une réduction de 30% sur le tarif de la RC et une autre supplémentaire de 15% sur toutes les garanties proposées dans l’offre Assur’Auto. A cela s’ajoutent une assistante immédiate et gratuite en cas de panne de batterie et un remorquage jusqu’à la concession de la marque de la voiture. «Concernant l’évolution du marché des véhicules «verts», les débuts ont été plutôt timides, surtout pour les véhicules 100% électriques, pour des raisons de prix élevés mais également d’autonomie assez faible», explique Fadel Bennouna, directeur marketing de Saham Assurance.  
Une bonne assurance est évaluée par l’indemnité reçue en cas d’un sinistre. C’est la raison pour laquelle, avant toute négociation du contrat d’assurance, il est important de demander le capital assuré ainsi que le taux de la franchise appliqué par l’assureur. C’est la part que supporte l’assuré en cas d’un sinistre. Cela concerne les garanties optionnelles. «Pour une bonne indemnisation, privilégiez une franchise de la part des dommages et non pas de la valeur du capital assuré», conseille un assureur.

«La circulaire de l’Acaps a perturbé le marché» 

Depuis le 1er avril, selon la circulaire de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance (Acaps),  un intermédiaire d’assurance ne peut délivrer une police d’assurance automobile qu’en contrepartie du paiement comptant de la prime. La totalité de la prime doit être payée à la souscription quelle que soit la période de la couverture. C’est à cette condition que sera délivrée l’attestation à l’assuré. «L’entrée en vigueur de cette circulaire a quelque peu perturbé le marché durant les premiers mois», déclare Moulay Abdelaziz Elalamy, directeur réseau exclusif de Saham Assurance. Face à cette circulaire, le marché a commencé à proposer de nouvelles formules. Saham Assurance offre à ses clients une solution de financement à 0% via l’organisme de crédit Taslif. Elle propose également des attestations provisoires. Axa Assurance Maroc a lancé une offre de mensualisation pour ses clients automobiles à partir du mois d’octobre 2015 qui leur donne la possibilité d’étaler le paiement de leur prime sur 10 fois avec un taux d’intérêt 0% moyennant des frais de dossier de 150 DH pour une prime de 5.000 DH.

 

 

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