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International

L’enquête PISA remet en cause le redoublement

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4914 Le 08/12/2016 | Partager
Les redoublants ont tendance à accuser de mauvais résultats
Les élèves défavorisés les plus touchés
Impact du «désavantage socio-économique»
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Ce qui se passe en classe joue un rôle crucial dans l’apprentissage des élèves et la formation de leurs aspirations professionnelles (Ph. AFP)

Un taux de redoublement élevé peut être coûteux pour les pays. Le thème a été abordé dans l’enquête PISA 2015 de l’OCDE publié le 6 décembre 2016, qui évalue la qualité, l’équité et l’efficacité des systèmes scolaires. L’année dernière, le recours au redoublement a été moins appliqué dans 30 pays par rapport à 2009. Seuls 5 pays l’ont utilisé durant la période à l’étude. Le recours au redoublement enregistre une diminution d’au moins 10 points de pourcentage au Costa Rica, en France, en Indonésie, en Lettonie, à Macao (Chine), à Malte, au Mexique et en Tunisie. Plus la première sélection des élèves dans différents établissements ou filières d’enseignement s’opère tardivement, moins les redoublements sont fréquents. L’objectif du redoublement, est de laisser aux élèves en difficulté plus de temps pour maîtriser les contenus d’une année d’études avant d’être admis dans l’année supérieure. Les études sur le sujet confirment toutes la thèse selon laquelle le redoublement n’est pas efficace pour amener des élèves en difficulté au même niveau de performance que les autres. Car les redoublants ont tendance à accuser des résultats scolaires inférieurs à ceux des élèves admis dans l’année supérieure. 

Dans les pays de l’OCDE, les garçons et les élèves issus de l’immigration ou de milieux socio-économiques défavorisés sont plus susceptibles d’avoir déjà redoublé. Les élèves défavorisés sont environ 80% plus susceptibles que les élèves favorisés d’avoir redoublé dans l’enseignement primaire ou secondaire. Et ce même après contrôle de leur performance dans deux domaines d’évaluation. Les différences de probabilité sont les plus marquées dans la région CABA (Argentine), en Espagne, au Portugal, en République slovaque, en Uruguay et au Viet Nam. Où les élèves de 15 ans sont au moins 3,5 fois plus susceptibles d’avoir redoublé s’ils se situent dans le quartile inférieur plutôt que dans le quartile supérieur de l’indice PISA de statut économique, social et culturel. A l’inverse, une probabilité accrue de redoubler chez les élèves favorisés, s’observe dans trois pays seulement: la Corée, Malte et Singapour. En 2015, les élèves issus de l’immigration étaient environ 70% plus susceptibles que les élèves autochtones à s’y être exposés. Ceci après contrôle du statut socio-économique des élèves et de leur performance aux épreuves de sciences et de compréhension de l’écrit. Les élèves issus de l’immigration à Singapour et en Suède sont environ quatre fois plus susceptibles d’avoir redoublé que les élèves autochtones. Les élèves de Grèce, du Royaume-Uni et de Slovénie le sont deux fois et demie plus. Globalement, le «désavantage socioéconomique » tend à se traduire par un manque de ressources en faveur de l’éducation dans les établissements. Et, parmi les élèves, par une diminution du temps d’instruction et une probabilité accrue de redoublement ou de scolarisation en filière professionnelle. Selon les chefs d’établissement, dans plus de 30 des pays et économies qui ont participé à l’enquête PISA 2015, les élèves scolarisés dans des établissements favorisés ont accès à de meilleures ressources matérielles et humaines que leurs pairs scolarisés dans des établissements défavorisés. En outre, le niveau socioéconomique des élèves peut également avoir une incidence sur leurs possibilités d’apprentissage. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, les élèves favorisés tendent à passer chaque semaine environ 35 minutes de plus que leurs pairs défavorisés en cours de sciences à l’école. Sur toute la durée de l’année scolaire, ce chiffre pourrait représenter plus de 20 heures supplémentaires de cours de sciences.

Les obstacles à l’apprentissage

L’ABSENTÉISME des élèves et la résistance au changement de la part du personnel représentent les facteurs qui entravent le plus l’apprentissage des élèves (selon l’avis des chefs d’établissement). En revanche, la consommation d’alcool ou de substances illicites, et les comportements menaçants ou brutaux envers d’autres élèves, constituent les facteurs qui entravent le moins leur apprentissage. Les élèves scolarisés dans un système qui pratique la sélection dans différents types d’établissement ou de filières d’enseignement à un âge plus avancé indiquent bénéficier d’un plus grand soutien de la part de leurs enseignants.

 

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