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Maths & Sciences : Les autres déceptions de TIMSS

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4912 Le 06/12/2016 | Partager
L’enquête internationale révèle la faible qualification de nos profs
Ainsi que le peu de ressources allouées
Très mauvais, mais satisfaits!
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A l’instar du ranking 2011, le Maroc figure encore parmi les derniers de la classe. Par rapport aux pays arabes participants, il est toujours avant dernier. Les élèves des Emirats arabes unis sont ceux qui s’en sortent le mieux. Néanmoins, à l’échelle internationale, ils demeurent parmi les moins performants

L’enquête TIMSS 2015 vient enfoncer le couteau dans la plaie. Les élèves marocains enregistrent toujours de piètres performances en mathématiques et sciences, malgré une toute petite amélioration en comparaison avec les scores de 2011 (voir L’Economiste du 30 novembre 2016). Par rapport à la dizaine de pays arabes participants, le Maroc s’en tire, aussi, avec un bonnet d’âne (voir tableaux ci-joints). Pourtant, il fait partie de ceux qui consacrent le plus d’heures à l’apprentissage des sciences (172 h de maths par an au primaire, contre 151 h pour le Japon et 128 h pour la Chine).  
Au-delà du ranking, l’enquête révèle d’autres déceptions. La plus flagrante est sans doute celle relative à la qualification des enseignants. A peine 1% des élèves ont des profs du primaire, maths et sciences confondus, disposant d’un master ou d’un doctorat. Pratiquement un sur trois en a qui possèdent un bac+4 et les deux tiers ont des enseignants qui ne sont pas allés plus loin que le niveau secondaire. Chez les autres pays participants, cette dernière part varie entre 0 et 8%. Seuls les profs italiens du primaire sont aussi peu qualifiés (68% pour ceux des maths). Au collège aussi, cette proportion est la plus élevée de tous les pays (41% pour les profs de maths et 20% pour ceux des sciences). La part des doctorats et des masters reste également très faible au collège, avec 5% pour les maths et 8% pour les sciences. Le reste est réparti entre les bac+4 (32%), et les bac+2 & bac+3. En outre, rares sont les enseignants à la fois spécialisés en éducation et dans la matière qu’ils enseignent. Dans les maths, seulement 3% des élèves du primaire sont chapeautés par des enseignants aussi qualifiés. La majorité ne possède aucune spécialisation puisqu’elle n’a même pas atteint l’enseignement supérieur. Au collège, uniquement 10% bénéficient de l’encadrement d’un enseignant expert de son domaine. C’est la même tendance qui prévaut au niveau des sciences.
En termes de formations continues, le corps enseignant en suit rarement.
Du côté des directeurs des établissements, aussi, le degré de qualification laisse à désirer. Au primaire, 5% seulement des élèves étudient dans des écoles où le directeur possède un master ou un doctorat. 54% sont dans des établissements où le directeur dispose d’un bac+4 et 41% dans des écoles où le directeur n’a même pas un bac+4 (le pire niveau de l’enquête).
TIMSS 2015 a, également, mis en lumière la faiblesse des ressources que possèdent les familles, ainsi que celles mises à la disposition de l’école. A peine 1% des parents déclarent bénéficier de beaucoup de ressources (plus de 100 livres à la maison, plus de 25 livres d’enfants, au moins un des parents ayant achevé l’université, un soutien à la maison,  un des parents au moins ayant une occupation professionnelle…). 62% affirment accéder à peu de ressources (25 livres ou moins, absence de soutien scolaire, 10 livres pour enfants ou moins, aucun des parents n’a dépassé le cycle secondaire, aucun n’est propriétaire d’un petit business et aucun n’a une occupation professionnelle). Au collège, plus de la moitié (55%) souffrent d’un manque de ressources et seulement 2% en ont beaucoup.
Au primaire, 79% des écoliers sont issus de milieux défavorisés, soit la part la plus importante des pays participants. Uniquement 13% appartiennent à des classes aisées. Au collège, la part des élèves démunis est de 81%. Les directeurs des établissements sont quasiment unanimes par rapport à l’effet négatif de la pénurie de moyens sur le rendement  du système.
Côté moyens relatifs aux expérimentations scientifiques, seulement 4% des élèves du primaire sont dans des écoles contenant des laboratoires. Au collège, 80% n’en bénéficient pas. Là encore, il s’agit de l’un des niveaux les plus bas parmi les pays participants. En matière de technologies de l’information, à peine 4% des élèves du primaire utilisent un ordinateur pour apprendre les maths (84% au Danemark, 89% à la Nouvelle Zélande). Au collège, ils sont 11%. En science aussi, le recours à un ordinateur est rare, 10% des élèves au primaire et 23% au collège en font usage.
Malgré leurs conditions d’exercice difficiles et leur rendement peu mirobolant, les profs se disent satisfaits de leur travail. 93% des élèves du primaire et du collège ont des enseignants de maths qui se déclarent satisfaits à très satisfaits. En sciences, ils sont 94%. Leurs élèves, quant à eux, les perçoivent comme étant très engagés (jusqu’à 97% au primaire et jusqu’à 91% au collège).
Les parents, curieusement,  semblent contents de la performance de l’école de leurs enfants. 29% sont «satisfaits» et les deux tiers se disent «très satisfaits» du niveau primaire. Soit beaucoup plus que leurs homologues dans les pays les plus performants. A Singapour, premier pays du classement, seuls 58% s’estiment très satisfaits (55% à Hong Kong, 7% Japon).

Les élèves aiment pourtant les matières scientifiques

Les écoliers marocains sont classés 5es parmi ceux qui aiment le plus les maths. 67% disent «beaucoup apprécier» les mathématiques et 28% affirment les «apprécier». Seuls 5% les détestent. Bizarrement les élèves qui y performent le plus sont aussi ceux qui les détestent le plus. 35% des Coréen et 38% des Chinois les haïssent. Au collège, les élèves marocains arrivent deuxièmes en termes d’adoration pour les chiffres. 84% les aiment. Au niveau des sciences aussi, qu’il s’agisse de physique, biologie, chimie ou sciences de la vie et de la terre, ils font partie de ceux qui les apprécient le plus. Le sentiment d’appartenance à l’école est, en outre, très fort chez les Marocains. Sur ce volet, ils se classent troisièmes au primaire, avec un taux de 86% d’élèves exprimant un très fort sentiment d’appartenance, et premiers au collège, avec un pourcentage de 73%.

 

 

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