Evénement

Une bonne campagne agricole annoncée

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4909 Le 01/12/2016 | Partager
Le cumul pluviométrique en hausse de 14% par rapport à une année normale
5,5 milliards de DH pour financer la saison 2016-2017
Production agrumicole record à 2,3 millions de tonnes

Les prémices d’une bonne campagne agricole se dessinent à l’horizon. C’est le constat dressé par le ministère de l’Agriculture suite aux précipitations qui perdurent depuis une semaine. Traduisez, l’hypothèse de 70 millions de quintaux retenue par le projet de loi de finances 2017 serait atteinte, voire dépassée.
 Valeur lundi 28 novembre, le cumul pluviométrique moyen s’est établi à 116,5 mm. Ce qui représente une hausse  de 14% par rapport à une année normale à la même date (102 mm). Rapporté à la campagne précédente, qui avait accusé un gros déficit, ce cumul dégage un excédent estimé à 79%.
En revanche, la réserve des barrages affiche un niveau toujours en retrait par rapport à la normale. Actuellement, elle se situe à 6,86 milliards de m3 contre 10,2 milliards lors de la campagne précédente, soit 42% de la capacité théorique des barrages. Le déficit s’explique par le fait que la campagne 2015-2016 avait bénéficié d’un bon niveau de remplissage des barrages grâce à la pluviométrie record enregistrée en 2014-2015. Le même taux de remplissage est relevé pour ce qui est des ouvrages à usage agricole: 42%.
Ces derniers ayant drainé 5,71 milliards de m3. Selon le ministère de l’Agriculture, toutes les régions ont été bien arrosées et présentent un excédent pluviométrique en comparaison avec une année normale. Reste que la dynamique se poursuit dans la durée. Et surtout lors du mois de mars et début avril. Ces pluies sont jugées déterminantes aussi bien pour les cultures d’automne que celles du printemps, s’accordent les professionnels.    
Pour le moment, les semis ont porté sur 1,44 million d’ha, soit 27% des superficies généralement emblavées en céréales. Mais les agriculteurs ont jusqu’au 20 décembre pour procéder aux semailles des blés. L’intérêt ne manque                   pas d’ailleurs, puisque les ventes de semences sélectionnées portent déjà sur plus  de 1 million de quintaux. Les distributeurs ayant mis sur le marché 1,9 million de quintaux. Les engrais de fond et ceux phosphatés sont également disponibles en grandes quantités et à des prix bonifiés. La subvention accordée aux engrais de fond est estimée à 330 millions de DH.  En ce qui concerne le financement de la campagne agricole, les crédits décaissés depuis son démarrage s’élèvent à 1,5 milliard de DH et devraient totaliser 5,5 milliards à la fin de la saison. De plus, le programme d’assurance continue de bénéficier d’une forte adhésion des agriculteurs. Pour l’actuelle campagne, plus de 1 million d’hectares sont déjà couverts.
Hors céréaliculture, les pluies vont également profiter aux autres filières, notamment le maraîchage de plein champ, les cultures industrielles et  l’arboriculture fruitière. Sans oublier les pâturages dont le développement devrait soulager la trésorerie des éleveurs en ayant moins recours à l’aliment de bétail.
Pour le moment, l’état de l’arboriculture fruitière est jugé bon dans l’ensemble des régions de production. A commencer par l’agrumiculture qui devrait réaliser cette année une production record de 2,36 millions de tonnes, révèle le ministère de l’Agriculture.

Sucre: Doukkala maintient sa percée

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La zone des Doukkala a reconduit son programme de 16.000 ha de canne à sucre avec tous ses ingrédients de soutien et d’accompagnement des agriculteurs. La dernière campagne, elle avait enregistré pour la 3e année consécutive une croissance à deux chiffres de la production betteravière, des rendements et du chiffre d’affaires. La région accapare 40% de la production nationale sucrière: 230.000 tonnes en 2015-2016. Le chiffre d’affaires à l’hectare ayant atteint 42.000 DH contre 35.000 la campagne précédente et la valeur de la production betteravière est estimée à 1 milliard de DH au lieu de 672 millions, une saison auparavant.
Ces performances s’expliquent «par l’important potentiel hydrique mais surtout la maîtrise de l’itinéraire technique et la constante coordination des partenaires concernés», souligne Abderrahmane Naili, directeur régional de l’Agriculture.        
Sur les cinq dernières années, la production de sucre a quasiment doublé bien que la superficie n’ait augmenté que de 10%. «La raison tient à l’amélioration de tous les paramètres de conduite de la plante sucrière», précise Naili. La semence mono germe a été ainsi généralisée à l’ensemble de la superficie. Il en est de même des semis qui sont mécanisés à 100% et pratiqués à hauteur des trois quarts de manière précoce. Le tout, avec une bonne maîtrise de l’irrigation, de la fertilisation et de la protection des plantes.  
Au niveau national, les superficies semées en betterave sucrière s’élèvent actuellement à 50.000 ha sur un programme arrêté à 65.000. Tout donne donc à penser que le record de production de la campagne précédente sera réédité.

L’élevage sauvegardé

Le programme de sauvetage du cheptel, lancé la campagne passée, a donné ses fruits. L’effectif du cheptel est estimé actuellement à 30 millions de têtes. Un effectif resté stable par rapport à la saison précédente qui avait enregistré une forte pluviométrie. Il est composé de 3,2 millions de bovins, de 19,6 millions d’ovins et de 6,2 millions de têtes de caprins. Dans l’ensemble, son état sanitaire est jugé bon. Et il est promis à l’amélioration avec le développement attendu du couvert végétal.

 

 

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