Régions

Automobile et aéronautique : Fès, futur hub des équipementiers?

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4908 Le 30/11/2016 | Partager
Relancer l’activité: le fer de lance des opérateurs économiques
Ils veulent positionner la ville sur les métiers mondiaux du Maroc
Des offres concrètes pour les industriels à dévoiler, le 27 janvier 2017
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Pour ses 3 ans, Cabliance recevait, en avril 2015, 130 invités d’honneur dont Thi-Mai Tran, présidente d’Alstom Maroc, Stefan Krumm, DG de Cabliance, et Moulay Hafid Elalamy. Le ministre de l’Industrie a affirmé dernièrement qu’une cinquantaine d’hectares sont réservés à l’aéronautique à Fès (Ph. L’Economiste)

Les opérateurs économiques de la capitale spirituelle reviennent avec beaucoup d’espoir de la 5e édition d’Automotive Meetings Tangier-Med, tenue la semaine dernière. Invitée à l’événement de l’Association marocaine pour l’industrie et le commerce de l’automobile (Amica), la délégation d’hommes d’affaires fassis comptait Mohamed Berrada Rkhami, président de la CGEM Fès-Taza, et son binôme Omar Tajmouâti, Mohammed Amouri, président de la Commission investissement, compétitivité et émergence industrielle (CICEI-CGEM), ou encore Saïd Benhamida et Mohamed El Harti, respectivement les 1er et 3e vice-maires de Fès.
«Nous avons associé les responsables de la ville à notre déplacement pour tracer ensemble les actions à mener et déceler les opportunités d’investissement à saisir», rapporte le président de l’Union régionale de la CGEM. Fès peut se positionner sur les secteurs de l’automobile, l’aéronautique, l’offshoring et le ferroviaire, une conviction partagée entre les dirigeants de l’instance patronale, les élus locaux et les responsables territoriaux. A ce titre, une rencontre devait réunir hier, 29 novembre, les opérateurs économiques et Saïd Zniber, wali de la région Fès-Meknès. Un seul point était à l’ordre du jour: «Etudier les étapes nécessaires pour installer un hub automobile à Fès». «Nous voulons proposer une offre concrète le 27 janvier 2017, à l’occasion d’une rencontre qui sera organisée en présence de donneurs d’ordre internationaux», confie Mohammed Amouri, initiateur de l’événement. Ce dernier compte inviter les présidents de la Fédération de l’automobile, du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales, et de la Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et l’offshoring, les patrons de Renault, PSA, Boeing, Airbus et bien d’autres donneurs d’ordre. «Nous voulons leur donner une visibilité sur Fès en présence de la présidente nationale de la CGEM ainsi que les futurs ministres des Finances, de l’Industrie et de l’Equipement», renchérit-il. Pour y arriver, l’Union patronale mettra en avant l’image économique de la région, ses potentialités et son vivier de ressources humaines. Faut-il rappeler à ce sujet que l’Université Sidi Mohammed Ben Abdallah, les établissements supérieurs privés et les centres de formation professionnelle mettent annuellement sur le marché plus de 100.000 lauréats, dont une bonne partie est recrutée ailleurs (20% à Tanger). «Aujourd’hui, les opérateurs économiques croient dur comme fer que Fès peut devenir un pôle émergent des nouveaux métiers mondiaux et un hub logistique. Et elle a tout le potentiel», martèle Mohamed Sebti, vice-président de la CGEM. «Nous ne cherchons pas à concurrencer Tanger, notre ambition est de proposer une offre dans les secteurs du textile automobile (coussin), moquette, garniture, etc», ajoute Omar Tajmouâti.
A noter que Fès est la première ville à produire des pistons pour équiper en première monte les moteurs de grands constructeurs européens comme Peugeot, Renault, Volvo, Fiat ou encore Iveco. En témoigne l’usine Floquet Monopole, installée au quartier Doukkarate depuis 1981. La capitale spirituelle a accueilli en 2012 une unité «Cabliance», qualifiée, par Moulay Hafid Elalamy, «d’une compensation industrielle réussie». Et c’est là tout l’enjeu pour le Maroc: assurer l’intégration industrielle. Le ministre de l’Industrie a affirmé, en septembre dernier, qu’«une cinquantaine d’hectares sont réservés à Fès, une réserve attenante à la zone aéroportuaire». Pour ce qui est de l’automobile, les opérateurs et décideurs de la ville mettent les bouchées doubles pour identifier une zone dédiée (de 40 à 50 ha), l’aménager et la décréter zone franche incessamment. «Le prix des parcelles ne devrait pas dépasser les 35 euros/m2», souligne-t-on.

Intégration industrielle

En tout cas, à l’issue de sa rencontre (du 27 janvier), la CGEM aspire à sensibiliser les pouvoirs publics sur la nécessité d’améliorer l’attractivité de l’investissement industriel au niveau de la région, voire le Parc industriel intégré (P2I) de Ras El Ma, le port sec et l’autoroute Fès-TangerMed décrétés dans la loi de finances 2017, et avoir sa part des écosystèmes et des nouveaux métiers mondiaux du Maroc. «Il sera question également de fédérer toutes les forces vives et sensibiliser les investisseurs sur les potentialités et les avantages de la ville de Fès», conclut Amouri.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

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