Analyse

Qualité de vie à Casablanca : Les loisirs relégués aux oubliettes

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:4907 Le 29/11/2016 | Partager
Benchmark avec le Caire, Lyon, Istanbul, Belgrade, New York…
Cadre de vie au même niveau que Mexico!
Transport, éducation… les autres maillons faibles
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Les enquêtes de qualité de vie sont essentiellement utilisées par les multinationales ainsi que les gouvernements qui sont amenés à envoyer du personnel pour une périodes de 2 à 5 ans (expatriés) dans les différents villes du monde

Circulation infernale, pollution, insécurité… La qualité de vie se déprécie d’année en année à Casablanca. Ce constat est non seulement partagé par ses habitants, mais aussi ses visiteurs (hommes d’affaires, expatriés, touristes…). D’ailleurs, la ville ne brille pas dans les classements internationaux. Elle n’arrive qu’en 126e position sur un total de 230 villes selon l’indice Mercer 2016 sur la qualité de vie. Or, ce critère est un facteur déterminant de l’attractivité d’une ville pour ses résidents, ses entreprises, ses expatriés ainsi que pour les investisseurs étrangers.
Avec son plan de développement 2020, la ville aspire à inverser la tendance. Mais d’ici là, il faudra déterminer de façon objective les critères de la qualité de la vie afin de permettre aux institutions décisionnelles d’identifier les principaux leviers pour influencer le niveau de la qualité de vie à Casablanca ainsi que son positionnement international. Pour accompagner sa démarche de marketing territorial, Casa Events & Animation (CEA) a commandité une étude spécifique au cabinet Mercer. Le processus vise à mesurer l’attractivité à travers un benchmark international. La SDL, en charge des volets sportif et culturel et de la promotion de la ville, a voulu aller au-delà du classement annuel sur la qualité de vie, établi par le cabinet Mercer. «Nous avons creusé davantage pour aller vers un niveau d’analyse plus approfondi et en sélectionnant les villes qui nous intéressent dans ce classement», explique Touda Lotfi, directrice développement de CEA.  
Pour les besoins de la comparaison internationale, 7 villes ont été sélectionnées, selon certains critères bien distincts (voir encadré). Durant 7 mois, les experts de Mercer ont donc affiné le classement de base pour aboutir sur des recommandations bien spécifiques. Objectif: déterminer les critères de qualité de la vie afin de permettre aux institutions décisionnelles de la ville de Casablanca d’identifier les principaux leviers capables d’influencer le niveau de la qualité de vie (du point de vue des expatriés) à Casablanca ainsi que son positionnement international.
Il s’avère, après comparaison, que l’indice de qualité de vie de Casablanca est de 28 points inférieur à celui de New York (ville de référence pour l’échantillon), et de 29 points inférieur à ceux de Lyon et Lisbonne. L’indice de Casablanca est en revanche de 15 points supérieur à celui du Caire, de 5 points supérieur à celui de Belgrade ou encore de 2 points supérieur à celui d’Istanbul. «Mexico et Casablanca, qui se classent à la 4e position ex-aequo dans l’échantillon, ont du reste une qualité de vie globale relativement similaire», selon l’étude (voir aussi infographie).
Sur les 10 catégories qui déterminent le classement des villes, les loisirs sont clairement le talon d’Achille de Casablanca. Sur ce critère, l’écart entre Lyon et Casablanca est de 32 points. Ce même écart est de 36 points avec New York. En revanche Belgrade a su élargir, en une décennie, son offre de loisirs pour les expatriés (augmentation de 8 points) et ainsi devancer Casablanca de 4 points. Les villes d’Istanbul, Lyon et Mexico ont toutes eu un indice stable durant les 10

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L’enquête Mercer est basée sur des appréciations et des évaluations détaillées de 39 éléments de qualité de vie, regroupées dans 10 catégories.

dernières années.
«Il est important que la ville de Casablanca saisisse l’opportunité de développer encore plus un panel d’activités de loisirs aux standards internationaux aussi bien pour ses expatriés que pour ses résidents», recommandent les consultants. Autrement dit: il faudra développer davantage l’offre restaurants, théâtre, cinémas, sport et loisirs accessible pour la population.
Sur un tout autre registre, celui de la mobilité, la ville a certes évolué de 3 points durant la dernière décennie (avec le lancement de la 1re ligne de tram), mais beaucoup reste à faire pour rehausser les standards au niveau des transports collectifs.
Belgrade s’octroie là encore la hausse la plus importante pour cette catégorie (+6 points). L’écart entre Casablanca et New York est de 26 points. Il est de 19 points avec Lyon. Quatre villes étudiées ont vu leurs indices pour la catégorie des services publics et transport augmenter (avec une moyenne de 4 points). «La ville de Casablanca peut s’inspirer des initiatives prises dans des villes comme Lyon, Singapour ou Londres afin de réguler le flux de véhicule et introduire des moyens de transport plus écologiques», souligne l’étude. La métropole gagnerait aussi à orienter les comportements vers un plus grand usage des transports publics et autres moyens de mobilité non polluants (tram, bus électrique, vélo...), est-il précisé.
Dans la catégorie «écoles et éducation», les scores de la grande majorité des villes étudiées n’ont pas changé au fil des 10 dernières années. L’offre de scolarisation pour les expatriés (écoles internationales, privées…) reste stable. Casablanca et Belgrade ont néanmoins eu une augmentation substantielle de leur indice, respectivement, de 10 points et de 20 points. Lisbonne est la ville qui a atteint le score le plus élevé pour cette catégorie. L’écart entre Casablanca et Lisbonne est de 40 points. «La proximité avec les villes européennes pourrait inciter Casablanca à accélérer sa politique de partenariat avec les institutions universitaires de différents pays et la positionner ainsi comme ville référence pour l’éducation en Afrique francophone», préconise l’étude Mercer.

Echantillon

Le choix des 7 villes du benchmark est motivé par la similitude des enjeux de développement, la présence d’expatriés, le statut de plaque tournante touristique, celui de ville internationale, de hub des affaires et le fait d’abriter des sièges régionaux de multinationales. De plus, ces 7 villes représentent 4 continents : l’Asie, l’Europe, l’Afrique et l’Amérique latine. Il s’agit de Lyon (38e au classement mondial de la qualité de vie), Lisbonne (42e), New York (44e), Istanbul (122e), Mexico (127e), Belgrade (141e) et le Caire (171e).

 

 

 

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