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Régions

Fès: Jardin botanique, foire d’expo… des projets sans lendemain?

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4905 Le 25/11/2016 | Partager
Promis depuis près de 30 ans, ces projets seront enfin réalisés
Le premier est porté par la ville, le second par la CCIS
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En attendant la concrétisation du projet du jardin botanique de la ville, le conseil communal de Fès mène actuellement une opération de replantation des avenues Hassan II et Allal Ben Abdallah (Ph YSA)

Il aura fallu plus de 15 ans pour doter Fès d’un complexe sportif, autant pour construire un complexe culturel, et plus de 20 ans pour concevoir un projet d’un jardin botanique et parc d’exposition. Bien évidemment, la capitale spirituelle est la ville où les projets d’envergure aboutissent très rarement. C’est le cas notamment de la grande bibliothèque de Fès, l’opéra, l’institut des beaux arts, le grand théâtre, la plage de Fès… des projets devenus presque un mythe qui fait rêver les fassis depuis des décennies. Parmi ces projets figurent le jardin botanique et la foire d’exposition.
Le premier, porté par le Conseil communal, a pris un retard de…30 ans. Annoncée en 1987, l’idée de créer un poumon pour la ville de Fès n’a pas pu se concrétiser, ni avec le bureau de l’Usfpéiste pharmacien Aberrahim El Filali Baba, ni encore celui de l’Istiqlalien, Hamid Chabat. Pourtant, durant les deux mandats de ce dernier, nombre de projets ont vu le jour. Avec l’arrivée au pouvoir du maire péjidiste, Driss El Azami El Idrissi, en 2015, les habitants de la ville espéraient une relance «rapide» d’une cité qui a longtemps souffert des «séquelles du 14 décembre 1990». «L’embargo a duré 26 ans. Il est temps de rendre hommage à cette ville, à travers des projets conséquents», estiment les opérateurs.
Du côté du Conseil communal, le maire, qui tempère à chaque occasion, leur demande de garder l’espoir. Aux dernières nouvelles, son bureau veut concrétiser le projet du jardin botanique «dans un avenir proche». Et ce, avec le concours de plusieurs intervenants, notamment les universitaires, les administrateurs, les experts et la société civile.
Pour rappel, le projet initial devait s’étaler sur une superficie de 15 ha, située à Oued Fès. En fait, l’idée de ce jardin avait été défendue lors de l’exposition itinérante «Le Jardin andalou», qui avait fait escale à Fès, en 2008. Inaugurée dans la ville de Cordoue en 2004, celle-ci avait été organisée en juin 2008 au siège de la région de Fès-Boulemane. Après le franc succès qu’avait connu l’événement, les responsables communaux de l’époque rêvaient d’un jardin botanique qui devait accueillir des plantations de toute sorte (fleurs, arbres…). «Il sera doté de fontaines et de cours d’eaux. Question de rappeler la vocation de Oued Fès d’antan alors qu’on l’appelait Oued El Jawahir», espéraient les élus. Quoi qu’il en soit, le futur jardin botanique devrait présenter une grande variété de plantes locales. Il devrait constituer une nouvelle attraction pour les touristes et participer à l’amélioration de la qualité de l’air. Mais pas seulement. Il devra être ouvert aux amateurs des plantes, mais plus spécialement aux étudiants, chercheurs, et experts des plantes. En attendant, le Conseil de la ville mène actuellement une grande opération de plantation des fleurs sur les avenues Hassan II et Allal Ben Abdallah.
Par ailleurs, un autre projet vient d’être relancé. Il s’agit de la construction d’une foire d’exposition où la mairie figure parmi les partenaires. Adopté à l’unanimité par les membres de la chambre de commerce, d'industrie et des services (CCIS) de Fès-Meknès, ce projet piétine depuis plus d’une décennie. Il a au moins connu 4 présidents de CCIS. Mais cette fois-ci semble être bien la bonne. Réunis en session ordinaire au titre du mois d’octobre 2016, les membres de la Chambre ont adopté la convention finale relative au financement de la foire internationale de Fès. D’un investissement de près de 50 millions de DH, la première tranche de celle-ci sera fin prête en décembre 2019. « Elle sera financée par le ministère du commerce, d’investissement et de l’économie numérique (17 MDH), la commune urbaine de Fès (13,94 MDH), le conseil de la région Fès-Meknès (13,94 MDH), et la CCIS (4,79 MDH)», explique Badr Tahiri, président de la CCIS. Selon lui, «ce projet sera réalisé sur un terrain de 4 ha, situé sur la route Sefrou, selon des techniques modernes pour en faire un espace d’expositions, répondant aux normes internationales en vigueur». «Il s’agit d'un projet structurant dont la région a tant besoin pour faire connaître son potentiel économique et disposer d'un espace dédié à la valorisation de ses produits et au développement de ses échanges», conclut-il.

L’ambition d’un pôle d’attraction

Pour les élus communaux, le futur jardin botanique sera un véritable pôle d'attraction, un premier lieu pour la sensibilisation et l'éducation environnementale. Il devrait bénéficier de l’expertise des villes jumelles et partenaires de Fès telles Strasbourg, Nancy et Paris. Projet phare, plusieurs conventions ont été envisagées avec différents partenaires dont l’université Sidi Mohammed Benabdellah de Fès et différents instituts de recherche, le but étant de concrétiser dans les faits les politiques lancées dans le domaine de l’environnement avec le souci de sauvegarder le patrimoine végétal national. A noter enfin qu’il devrait rassembler des collections de plantes méditerranéennes sauvages et des plantes médicinales, utilitaires, alimentaires et industrielles.

De notre correspondant,
 Youness SAAD ALAMI

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