Evénement

Efficacité énergétique : La Banque Populaire décline son plan d’attaque

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4901 Le 21/11/2016 | Partager
10 milliards de DH déjà alloués aux énergies renouvelables
La réglementation ne favorise pas l’émergence d’une nouvelle génération de financement
soumia_alami_ouali_001.jpg

Soumia Alami Ouali, en charge du pôle PME: «Sur les six derniers mois, la Banque Populaire a octroyé aux PME une enveloppe verte de 150 millions de DH. Ce qui représente des financements moyens de 5 millions de DH» (Ph. L’Economiste)

Après avoir organisé un forum sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables en avril dernier, la Banque Populaire a décliné sa stratégie dans un Livre blanc publié à la veille de la COP22. Soumia Alami Ouali, chargée du pôle PME à la Banque Populaire, en dit plus sur les engagements de l’institution pour l’émergence d’un écosystème vert.
- L’Economiste: La Banque Populaire a publié un Livre blanc sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Quelle est l’étape suivante?
- Soumia Alami Ouali:
Cet ouvrage constitue un engagement pris par notre PDG, au terme du Forum sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables en avril dernier. Ce Livre blanc est une contribution de notre institution à l’édification d’un écosystème vert durable au Maroc ainsi qu’à l’accélération des mesures à mettre en œuvre pour réussir ce défi. L’ouvrage est conçu par des experts du domaine et permet de faire un état des lieux du paysage énergétique marocain, tout en préconisant des recommandations adressées à l’ensemble des parties prenantes. La plus importante recommandation est liée à la nécessité de l’alignement des positions et des actions du public, du privé, des collectivités locales, les bailleurs de fonds... L’étape suivante consiste à participer de façon proactive à la mise en œuvre des actions qui résulteront de la COP22 et d’étudier les modalités d’implémentation des instruments de financement et le transfert d’expertise vers les pays du continent où notre groupe opère, en tirant parti de l’expérience de la banque au Maroc.

- La CGEM propose, plutôt qu’un régime fiscal, des subventions, voire un crédit d’impôt. Quelle est votre approche?
- Il est vrai que la plupart des projets d’efficacité énergétique intègrent des économies et/ou une baisse des risques encourus par l’entreprise, ce qui constitue déjà un avantage en soi. Notre institution, dont le rôle est d’accompagner les opérateurs dans le financement de leurs projets, est sensible à la nécessité d’une réglementation qui permettra l’émergence d’une nouvelle génération d’instruments de financements et de dispositifs d’accompagnement pour faciliter le développement des TPME, start-up et auto-entrepreneurs. Une réglementation qui permettra en même temps d’identifier les différentes typologies de projets et leur impact sur l’économie en termes de créations d’emplois, de taux d’intégration et de génération de valeur ajoutée.

- Le montage des dossiers est jugé trop lourd pour certaines catégories d’opérateurs. Comment rendre la procédure plus fluide?
- Le financement des projets verts intègre le souci de la durabilité. Il mérite à ce titre une révision de l’approche. Pour cela, il y a des préalables, dont la définition des normes et des standards par les différentes instances de régulation. C’est ce cadre qui permettra aux banques d’évaluer au mieux les projets et d’avoir une meilleure appréciation du risque.

- A combien s’élèvent les engagements financiers de la Banque Populaire dans le domaine de l’investissement?
- Nous avons alloué 10 milliards de DH aux programmes énergétiques, dont 4 milliards consacrés aux projets éoliens.

- La Banque Populaire pourrait-elle déclarer ne plus financer les activités polluantes ou énergivores et de privilégier celles qui respectent l’environnement?
- La Banque Populaire est l’une des parties prenantes de la stratégie énergétique entamée par le Maroc sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Dans ce cadre, les orientations prises permettront à notre pays de réduire partiellement sa dépendance aux énergies fossiles à l’horizon 2030, vu que nous sommes également confrontés à une croissance rapide de la consommation énergétique générée par le développement de l’industrie et des régions. Face à cette contrainte, la Banque Populaire est un acteur très engagé dans la finance verte. Depuis déjà deux ans, nous disposons d’un outil d’évaluation des risques sociaux et environnementaux qui constitue un filtre obligatoire dans le processus de prise de décision relatif au financement des projets quelle que soit leur nature. Ce processus permet d’écarter les projets polluants. C’est notre contribution au développement d’opérateurs verts, et c’est également une source de durabilité de notre portefeuille.o
Propos recueillis par Hassan EL ARIF

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    courrier@leconomiste.com
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc