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Finance climat: La CDG lance un réseau d’investisseurs africains

Par Safall FALL | Edition N°:4900 Le 17/11/2016 | Partager
La Caisse initie une plateforme africaine pour le financement des besoins climat du continent
Avec 15% du PIB, l’Afrique a le taux d’épargne le plus bas au monde
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Pour Abdellatif Zaghnoun, DG de la CDG, la part publique et d’origine internationale reste majoritaire dans les financements internationaux du continent (Ph. L’Economiste)

L’Afrique n’a reçu que 4% des financements liés au climat. Face à ce gap, les caisses de dépôt africaines, avec la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) en tête de file, veulent mobiliser l’épargne locale comme source de financement alternative en faveur du climat. Mercredi 16 novembre, Abdellatif Zaghnoun, le patron de la CDG,  a rassemblé plusieurs de ses homologues subsahariens pour lancer un réseau d’investisseurs à focus continental. En plus de celle du Maroc, les caisses de dépôt du Gabon, du Sénégal, de Mauritanie, de Tunisie, sont les premières structures africaines adhérant à l’initiative. Elles sont complétées par le Fonds Africa50 de la Banque africaine de développement, le Fonds de pension public nigérian, la Caisse française des dépôts et consignations, ainsi que l’Agence française de développement (AFD). «Les financements promis par les économies avancées ne seront pas suffisantes à la mise en œuvre des contributions nationales des pays africains en matière de climat», explique le patron de la CDG. L’objectif de cette initiative sera donc de parvenir à mobiliser le maximum d’épargne domestique pour contribuer à l’effort financier attendu de la déclinaison de ces programmes. «Les institutions financières publiques ont un rôle d’entraînement à jouer vis-à-vis des investissements privés pour que leur implication soit à la hauteur des attentes. L’épargne locale doit être mise à contribution pour assurer une partie des financements», poursuit Zaghnoun.
Mais encore faut-il que les mécanismes de mobilisation de ces ressources soient efficaces et incitatifs. L’Afrique reste en effet la zone en développement avec le taux d’épargne le plus bas au monde, soit 15% du PIB selon les dernières actualisations du FMI (2015). Ce chiffre est de 31% en moyenne pour les pays émergents et en développement. Le challenge est énorme pour ce projet de network des caisses africaines. «L’Afrique ne finance pas assez ses besoins», déplore Lionel Zinsou, financier, patron de fonds d’investissement et ancien Premier-ministre du Bénin. «Mais c’est en train de changer. Ce réseau prouve qu’il y a une prise de conscience de l’épargne domestique comme moyen efficace pour combler le gap de capitaux», précise-t-il.
Pour la CDG, le lancement de cette plateforme fait partie de ses engagements pris dans sa propre feuille de route climat. Celle-ci porte aussi d’autres orientations stratégiques telles que la prise en compte systématique des enjeux de développement durable dans les opérations de la caisse. Elle comporte également la maîtrise de l’empreinte carbone du portefeuille d’actifs contrôlé par l’organisme, ainsi que le lancement d’un programme d’appui dédié à l’efficacité énergétique.

 

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