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Evénement

Pourquoi le tourisme doit vite passer au vert

Par Safall FALL | Edition N°:4898 Le 15/11/2016 | Partager
10% du PIB mondial, 1 milliard de touristes en 2015… La soutenabilité de l’activité en question
Une charte africaine du tourisme durable engage plus d’une vingtaine de pays
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La digitalisation grandissante que connaît le tourisme démocratise de plus en plus le voyage et exacerbe les impacts de l’activité sur l’environnement et les populations locales (Ph. L’Economiste)

«Le tourisme est un secteur très porteur pour réaliser la transformation numérique en Afrique, tout  en assumant sa responsabilité environnementale et sociale». Intervenant vendredi dernier à la conférence Smart Tourism  Africa, Anne Hidalgo, la mairesse de Paris, dresse là les deux nouveaux enjeux du développement de ce secteur d’activité. L’événement, organisé par la Société marocaine d’investissement touristique en partenariat avec La Tribune, en marge des travaux de la COP22, a réuni à Marrakech plus de 300 opérateurs privés, experts et institutionnels. Il faut dire qu’avec 10% du PIB mondial (près de 12% du PIB et 6% des emplois au Maroc) et plus de 1 milliard de touristes internationaux de par le monde en 2015, le secteur est parmi les plus impactants pour le climat du fait de sa transversalité (transport, hébergement, énergie, restauration, etc.). Ce chiffre devrait rapidement passer à quelque 1,8 milliard à l’horizon 2030, selon les perspectives de l’Organisation mondiale du tourisme. «Nous aurons besoin de l’implication de tous les opérateurs pour atteindre l’objectif de l’action. C’est ce que nous attendons de vous», a fait savoir Hakima El Haite, Championne du Maroc pour le climat. Pour accueillir tous ces flux dans les meilleures conditions environnementales et socioéconomiques, les territoires devront mettre en place de nouvelles solutions afin de promouvoir la durabilité de leur patrimoine et l’activité touristique en elle-même. C’est peut-être à ce niveau, justement, que la grande tendance au digital peut constituer une piste d’actions. «L’Afrique doit nous montrer la voie en tournant le dos aux énergies fossiles. Il faut que nos villes soient inclusives pour toutes les catégories socioéconomiques, pour réussir la coexistence entre le développement du tourisme et celui des populations», soutient Hidalgo. Dans la pratique, toutefois, il faudra composer avec de nombreux facteurs bloquants notamment sur le marché africain. Pour Khalifa Sall, maire de Dakar et secrétaire général de l’Association internationale des maires francophones, il s’agit là essentiellement «du coût d’accès aux technologies et des solutions innovantes, et la dissémination ainsi que la désorganisation des idées». Les défis du financement, de la sécurité juridique et de la stabilité sont encore bien réels sur le continent, selon l’édile sénégalais. Pour Imad Barrakad, directeur général de la Smit, l’Afrique devrait mutualiser ses forces en faveur d’un tourisme durable et socialement acceptable. «C’est une approche que le Maroc est en train de developper auprès de ses partenaires subsahariens. L’objectif est de faire du continent une force d’attractivité des touristes internationaux en misant sur des produits communs, par exemple, et la mutualisation des investissements», explique le patron de la Smit. En attendant, l’institution publique de promotion des investissements touristiques entend évidemment intégrer davantage la composante environnementale dans la réalisation de ses projets au Maroc. D’autres acteurs institutionnels tels que l’ONMT et la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement veillent également au grain. Mais au-delà des discours, la démarche écolo est encore loin d’être un réflexe volontaire chez les opérateurs du secteur. Rien que cette année par exemple, COP22 oblige, 80 labels Clé Verte ont été attribués à autant d’établissements d’hébergement touristique pour la seule ville de Marrakech. Il faut le dire: l’opportunisme économique lié aux retombées business de cet événement mondial ont poussé la plupart de ces hôteliers à l’effort pour la réduction de leur empreinte carbone.

Une charte pour la durabilité

En attendant que le tourisme durable se traduise réellement en actions sur le terrain, plus d’une vingtaine de pays africains ont signé, jeudi 10 novembre dernier, à Marrakech, la Charte africaine du tourisme durable. Le projet est porté par le Maroc en partenariat avec l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Cette déclaration a en effet été finalisée en marge du forum ministériel sur les enjeux touristiques et le climat en Afrique tenu en marge de la COP22. Cette charte engage évidemment les Etats signataires à promouvoir le tourisme durable dans leurs  territoires en réduisant au maximum les impacts de l’activité sur l’environnement, les patrimoines historiques et culturels, ainsi que les populations locales. Parmi les pays signataires, figurent des destinations touristiques majeures du continent comme le Maroc, les Seychelles, le Congo, le Sénégal, le Cap Vert ou encore la Côte d’Ivoire.

 

 

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